Economie : la liste des cinq défis les plus urgents à relever

Au dernier Forum de Davos, les intervenants ont établi la liste des cinq défis les plus urgents à relever.

Réagir face à la quatrième révolution industrielle, établir un système de gouvernance mondiale dynamique incluant toutes les parties prenantes, restaurer la croissance mondiale, réformer le capitalisme et restaurer la cohérence entre le monde des affaires et le reste de la société, et enfin, répondre à la crise d’identité de plus en plus prégnante.

Le contexte est explosif : l’ONG Oxfam, qui dénonce l’accroissement des inégalités sur la planète, nous apprend que huit personnes détiennent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité. et au sujet du capitalisme, que « la gestion des conséquences de la mondialisation est un échec collectif. »

Toutes les parties prenantes (Politiques, Société civile, Corps intermédiaires, Entreprises) doivent se saisir de ces défis. S’ils ne sont pas relevés, ils conduiront mécaniquement à de très graves désordres.

Prenons le défi de « Réformer le capitalisme et restaurer la cohérence entre le monde des affaires et le reste de la société », qui est en fait un prérequis pour résoudre les autres défis.

Comment atteindre ce but ? Par une forme de capitalisme de type « rhénan », « d’économie sociale de marché à l’allemande » (ndlr : des années 50-60), où tous les « stake holders » (les parties prenantes, dont les salariés) sont pris en compte, et pas seulement les « stock holders » (les actionnaires.)

Cette idée est intéressante car l’économie sociale de marché qui constitue le cœur de l’article 3 du traité sur l’Union Européenne est régulièrement bafouée au profit d’une forme d’économie dont les principaux défauts sont « la corruption, le court-termisme des acteurs et des mécanismes fondés sur la méritocratie qui, en tant que tels, génèrent des gagnants et des perdants. »

Or, les premiers tendent à se désintéresser totalement des seconds.

D’où la nécessité de réformer ce capitalisme en revenant aux fondamentaux du projet européen, donc en appliquant à la lettre et dans son esprit l’article 3 du Traité européen.

Comment atteindre ce but ?

Les solutions techniques sont connues et publiques mais il faudra du courage et du charisme.

Elles concernent toutes les formes de dumpings (monétaires, sociaux, fiscaux et environnementaux), le strict respect des normes sociales et environnementales internationales, la participation aux bénéfices des salariés, la préservation des biens communs (océans, eau etc), la transition énergétique et écologique, la réciprocité des échanges, et une évolution drastique des accords de libre-échange actuels, notamment pour mettre sur un pied d’égalité les clauses sur le commerce, l’environnement et le domaine social.

On notera aussi avec intérêt l’idée émise par le Parlement Européen dans sa résolution du 25 novembre 2010, proposant un règlement européen interdisant l’importation dans l’Union de biens produits par le biais de formes modernes d’esclavage, du travail forcé, notamment du travail forcé de groupes particulièrement vulnérables, en violation des normes fondamentales des Droits de l’Homme.

Le Parlement européen a également proposé la création d’un label d’identification volontaire au niveau de l’Union, attestant qu’aucune violation des Droits de l’Homme n’a été commise lors des différentes étapes de la chaîne de fabrication des produits concernés.

Est-ce tout ? Non bien sûr. Mais on pourrait commencer par cela.

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