One Planet Summit : renforcer les engagements c’est bien, passer à l’acte c’est mieux !

Le discours du président Macron en ouverture du "One Planet Summit" a été jugé comme remarquable . Son message, dispensé sans notes et dans un style beaucoup plus direct et, nous a-t-il semblé, plus efficace, que : "on est en train de perdre la bataille" (du climat), ce que nous faisons "n'a rien à voir avec ce à quoi nous nous sommes engagés". Mais, au-delà de son action internationale, la France est-elle vraiment exemplaire en matière de transition énergétique ? Pas vraiment.

Certes, du fait de la part importante du nucléaire dans sa production d’électricité, elle émet moins de gaz à effet de serre que la plupart des autres pays développés : 7,1 tonnes par habitant en 2015, contre 8,7 en moyenne en Europe.

Mais pour autant, au moment où l’avenir de cette technologie semble gravement compromis, d’autres indicateurs montrent que l’hôte du One Planet Summit a encore beaucoup de travail à faire à domicile avant de pouvoir se présenter comme un modèle à suivre.

C’est le cas tout d’abord en matière d’énergies renouvelables. Les Européens s’étaient entendus en 2008 pour fixer à chaque pays la part de leur consommation finale qui doit être couverte par ces énergies renouvelables en 2020 (23 % en France).

Cependant, fin 2015, dernière année connue au niveau d’Eurostat, la France se situe encore très loin de cet objectif, 7,8 points de pourcentage en dessous. Elle est le deuxième pays d’Europe le plus en retard après les Pays-Bas, alors que onze autres pays ont au contraire déjà dépassé, avec cinq ans d’avance, leurs objectifs pour 2020.

Mais le déploiement des renouvelables n’est pas le seul domaine dans lequel la France est à la traîne de la transition énergétique : elle est aussi un des pays d’Europe où les progrès sont les plus lents en matière d’efficacité énergétique, c’est-à-dire de capacité à produire de la richesse en utilisant peu d’énergie. Entre 2000 et 2015, cela a été le cas aussi des pays d’Europe du Sud les plus touchés par la crise de la zone euro (Grèce, Italie et Portugal), mais la France a pourtant beaucoup moins souffert de la crise qu’eux.

La France se retrouve désormais en queue de peloton en matière d’efficacité d’énergie, un paramètre essentiel pour la transition énergétique.

Du fait notamment de la disponibilité excédentaire d’électricité d’origine nucléaire, nous avons en effet limité nettement depuis vingt-cinq ans nos efforts en matière d’économies d’énergie et nous nous retrouvons désormais en queue de peloton sur ce paramètre essentiel pour la transition énergétique (la seule énergie qui ne pollue pas est celle qu’on n’a pas besoin d’utiliser), au moment où l’avenir du nucléaire semble de plus en plus compromis…

Les Français ont cependant conscience de ce décalage massif et persistant entre les discours que tiennent leurs dirigeants, qui se sont quasiment tous convertis officiellement à l’écologie depuis le Grenelle de l’environnement en 2007, et la réalité des politiques menées sur le terrain.

Emmanuel Macron n’est en poste que depuis quelques mois. A lui de montrer qu’il n’y a pas de fatalité en la matière et que les grands discours peuvent aussi parfois se traduire en actes…

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