Europe : on écrit "clause Molière", on lit " clause Tartuffe"

Ce n’est pas la sécurité des ouvriers d’Europe de l’Est sur les chantiers qui soucie les présidents des collectivités territoriales lorsqu’ils imposent l’usage de la langue française aux entreprises candidates à leurs appels d’offres.

Elle est l’avatar d’un protectionnisme honteux qui gagne la droite , paraissant ainsi céder à ce populisme antieuropéen sur lequel prospère, pour sa part sans aucun complexe, l’extrême droite souverainiste.

Que des élus de France, pays fondateur, en soient à s’inspirer de ces méthodes , cela devrait nous appeler à une sérieuse introspection collective.

Bien sûr, il est de la responsabilité de nos dirigeants politiques de protéger l’emploi local lorsqu’il est menacé par le dumping social.

Mais si dumping il y a sur les chantiers, c’est parce que cette directive est trop souvent contournée et son application insuffisamment contrôlée.

Ce dumping social est une réalité non pas à cause de la directive sur le travail détaché, mais en dépit de cette directive - laquelle permet aussi à 180.000 Français d’être détachés hors de nos frontières sans qu’on exige d’eux qu’ils parlent allemand, slovène ou letton...

Cependant, laisser croire que rien est fait , c’est alimenter un populisme à bon compte : en cours de généralisation, une carte d’identité professionnelle électronique sera bientôt imposée sur tous les chantiers, permettant de vérifier que l’entreprise est en règle et ses salariés déclarés.

Surtout, plutôt que de participer au jeu de massacre européen, nos dirigeants politiques feraient mieux de prôner une solution européenne aux excès du travail détaché : c’est le but de la révision de la directive que de bannir le dumping social en égalisant les rémunérations, primes comprises.

Améliorer l’Europe plutôt que de la rejeter, c’est ce qui doit toujours séparer la droite de l’extrême droite.

par Garibaldino

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