Union européenne : peut-on encore sauver le projet européen ?

La zone euro est sous pression. Cela se confirme encore en jetant un oeil à l’évolution du spread (c’est-à-dire l’écart) entre la dette française à 10 ans (OAT, en bleu) et l’équivalent allemand (Bund, en rose), la référence en matière d’obligations européennes.

L’écart se creuse encore et toujours. Pourquoi est-ce inquiétant ? Le spread, révélateur des failles européennes.

Sur le papier, les obligations allemandes et françaises sont les mieux cotées de la Zone euro, celles qui ont les faveurs des investisseurs – avec une petite préférence pour les Bunds, issus d’un pays à la vigueur commerciale bien connue et à la rigueur budgétaire tout aussi réputée.

La France, elle, bénéficie des beaux restes de son économie ainsi que de son poids important dans la Zone euro et dans l’UE.

Mais la dette française ne vaut pas la dette allemande. Pensons aux déficits budgétaires persistants ou encore, par exemple, aux derniers chiffres de la croissance française : +1,1% en 2016, soit bien moins qu’attendu par le gouvernement (1,4%).

La France a donc un pied dans « les pays du Sud », ces pauvres cigales de la Zone euro et de l’UE qui ne savent pas respecter les objectifs de déficit de Bruxelles et leurs dépenses publiques. Le spread entre les OAT et les Bunds sert donc de thermomètre non seulement quant à la situation française mais aussi quant à la Zone euro en général.

Or pour le moment, le spread augmente. Et les investisseurs boudent la dette française, c’est ce qui explique que l’écart de taux entre les dettes française et allemande ait significativement progressé. Pour quelles raisons ?

Le risque politique français identifiait un premier facteur : le risque Le Pen. La campagne de Madame Le Pen est très clairement anti-européenne, et la candidate du FN a plusieurs fois évoqué la possibilité de quitter l’euro. Elle critique l’euro, elle veut en sortir car c’est un « obstacle majeur à la réindustrialisation ».

Les investisseurs étrangers doutent des vertus d’un changement de monnaie pour se réindustrialiser.

L’autre attaque pourrait venir d’un dollar de plus en plus fort. Certes, la force du billet vert – et donc la faiblesse de l’euro – a pu profiter aux entreprises exportatrices européennes mais cet avantage risque d’être contrebalancé par le protectionnisme voulu par Trump et, surtout, la trop grande faiblesse de la monnaie unique fragilise un peu plus le marché obligataire européen.

Le scénario d’éclatement de la Zone euro gagne de la consistance. Le risque est la dissolution des projets européens

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