Les orientations budgétaires au Conseil Municipal entre satisfactions et critiques

Le débat d'orientations budgétaires pour 2017 ( le budget préventif sera voté en février) a été l'axe principal de la longue et dispersive séance du conseil municipal de hier. On a appris que, malgré l'ultérieur réduction de 10,8 mio d'euros des dotations de l'Etat , la fiscalité restait la même en pourcentage , l'augmentation que les niçois paieront sera du à la revalorisation de la base d'imposition. Très cités, en fait les comparaisons avec les autres villes sont à ce sujet assez stériles : quelle importance si à quelques centaines de kilomètres de chez soi ont est est imposé de quelques point de pourcentage ou décimaux de plus ou de moins ? Ce malgré l'équipe de Christian Estrosi ne renonce pas à ces plans ambitieux ( ils ne manquent pas !) en matière d'investissement qui resteront 80/85 mio pour financer les nombreux chantiers en cours dans les divers secteurs de la sécurité, économiques , équipements et immobiliers. La dette restera à 497 mio ( 382 + 114 pour le stade) , sécurisée par des emprunts à des taux assez bas.** Comment y parvenir si les recettes n'augmentent pas ? Une maîtrise de la masse salariale, des frais de fonctionnement en diminution ( révision de l'organisation et des structures, contributions aux organismes satellites et aux associations plus sélectifs) , recours aux financements externes tels la Région et autres sources nationales et européennes, vente des actifs.

Avec sa triple casquette de "patron" de la ville, Président de la Métropole et de la Région, Christian Estrosi se veut le meilleur VRP de Nice : le Contrat d’équilibre territorial 2016-8 entre la Région et la Métropole pour un montant de 50 mio d’euros bénéficiera , comme il est évident, grandement Nice qui a déjà été destinataire de 7 mio pour le financement du Grand Stade, 11 mio pour la réalisation de la voie des 40 mètres (essentiel pour l’opération OIN, 20,8 mio pour la ligne 2 du tram qui permettra de relier l’Allianz Riviera) .

Et ce n’est pas fini , parce que Christian Estrosi veut rattraper le temps perdu : " Nice a été ignoré par la Région depuis 18 ans"... un bonheur pour les associations culturelles et sportives qui seront supportées avec des subventions conséquentes.

Dernier chiffre : la capacité de désendettement devrait être de 12,5 années en 2016, bien en dé-ça de la limite de 19 ans fixé par la CRC.

Côté opposition , si Dominique Boy-Mottard ( PRG) a déploré une manque de concertation concertation entre majorité et opposition, l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux se demande : " quelle place, quelles actions énergétiques " quand la baisse des dotations "impose de véritables contraintes budgétaires" ?

Enfin, pour l’opposant en chef Patrick Allemand : "la situation financière de la ville est loin de s’assainir".

La preuve ? La capacité d’autofinancement est négative ( 33 mio en 2017, 20 mio en 2018) alors que le remboursement en capital sera de 47 mio en 2017 pour arriver à 50 mio en 2020.

Conclusion : feu vert et satisfecit pour le "tandem" qui tient les clés de la ville, feu jeune et partie remise pour les opposants qui reviendront à la charge lors de la discussion sur le Budget Préventif.

Quelques autres dossiers mérite refléxion

Le Palais des Congrès Acropolis et des Expositions changera de gouvernance en 2018 : une société mixte ( SEMOP, composée à 51% par la Ville, et avec comme actionnaires minoritaires la Caisse de Dêpots, un opérateur professionnel qui sera sélectionné ) assurera la gestion en remplacement de l’actuel exploitant ( GL events).

Une solution qui devra prendre en compte le futur Palais des Expositions de 70000 m2 au Grand Arénas et la probable transformation du Palais des Expositions en complexe sportif

Le projet de la Halle de la Gare du Sud qui a comme objectif principal de la réhabilitation du quartier Libération. Un concours sera lancé pour trouver une solution qui complète et intègre l’actuelle bibliothèque Raoul Mille, le parking souterrain et les espaces pour le repositionnement du marché des fruits et légumes, ceux sportifs et associatifs ,le côté immobilier qui eux sont déjà prévus.

Un ensemble qui, "si ne s’apparentera ni de près ni de loin à Covent Garden" ( dixit Dominique Boy-Mottard), mérite tout de même de ne pas devenir une énième galerie marchande sans saveur ni odeur.

Autres délibérations...

les travaux de réhabilitation et sécurisation de la Promenade poursuivront jusqu’à l’hôpital de Lenval ( en vérité, ça avait été annoncé déjà plusieurs fois mais, comme on enseigne dans les techniques de communication, en répétant plusieurs fois la même chose on finit pour croire que c’est une nouvelle information)

la sécurisation des crèches et écoles sera étendue également aux instituts privés

Enfin une bonne nouvelle pour les passionnés de la symphonie : l’orchestre de l’Opéra de Nice a un nouveau directeur . C’est un très bon nom mais ... on ne le dira pas, en attendant et respectant la communication officielle.

L’occasion aussi pour présenter le rapport annuel sur la situation en matière de développement durable ( Vénonique Paquis ) et d’égalité entre hommes et femmes ( Mathy Diouf) , qui ,globalement appréciés, ont donné lieu à quelques commentaires et remarques d’ordre politico-idéologue.

** malgré les extravagantes théories de Christian Estrosi :

si un emprunt n’est pas une dette, normalement on emprunte pour rembourser une dette , ce qui revient au même

le service de la dette est composé des taux d’intérêts ( tant mieux s’ils sont sont bas) qui s’joutent au capital , certains puristes affirment que les intérêts font partie du capital

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