Budget 2017 : Nice est trop endettée, oui ou non ? That’ s question !

La discussion sur le budget préventif est un gros morceau de la vie démocratique et l'occasion pour une belle empoignade entre majorité municipale et son opposition. En claire, derrière les chiffres qui le déclinent et mesurent , "tout est dans le nombre"- nous a laissé en héritage le philosophe et mathématicien Pythagore, il y la vison de la cité, les axes de son développent, le choix des actions et les arbitrages. Si le résultat est escompté, la majorité fait normalement valoir la force du "nombre" , le débat peut permettre à chacun de dire ses quatre vérités. La séance publique de hier n'a pas manqué de s'inscrire dans cette lignée : le maire Philippe Pradal et encore plus son 1er adjoint Christian Estrosi, qui n' a manqué de tenir le "guidon" , comme il aime lui même le rappeler, ont fait preuve d'assurance et ont énuméré les réalisations , les projets en cours .

Pour le "tandem" , le bond en avant de la ville ,depuis la première mandature en 2008 à ces jours et ,vu les nombreux chantiers ouverts, en perspective future est incontestable : embellissement dans le sens large du terme signifie plus attractivité et l’attractivité d’un territoire est le levier pour son développent économique et de son bien-vivre.

Le tout avec une fiscalité inchangé* , une condition qui est aussi le slogan de la politique de Christian Estrosi depuis 2009 ( pour la première année mandature, l’addition avait été salée : +14,7% !). Et ce malgré la progressive diminution des compensations de l’Etat ( de 84 à 73 mio entre 2016 et 2017).

Naturellement , dans cette simplification il y a d’autosatisfaction d’un côté et un brin de propagande de l’autre. Mais d’autre part , si on ne croit nous-mêmes ce qui faisons, comment pouvoir prétendre un jugement positif ou, au moins , non négatif de la part des autres, surtout s’il s’agit d’opposants politiques ?

Bref, le débat , moins envenimé qu’en d’autres occasions grâce à une "gestion" moins impérative de la part de Christian Estrosi porté , en cette occasion , au lyrisme plus qu’à l’invective envers les opposants , s’est déroulé à l’intérieur d’une ligne tracée : la situation financière de la ville, plus clairement le niveau d’endettement qui reste , numériquement , élevé : 497 mio d’euros, ce qui fait graver le budget de 16 mio euros d’intérêts.

Parfaitement gérable pour le maire et son 1er adjoint, qui ont mis en avant la capacité de remboursement des emprunts (47 mio euros) sans aggraver le stock de la dette.

Un stock trop élevé pour les opposants qui dénoncent la pénalisation de l’investissement par la réduite capacité d’autofinancement ( 35,9 mio euros) .

Faux rétorque le tandem : notre bonne gestion , particulièrement les frais de fonctionnement modérés et contrôles, n’affectent pas le niveau des investissement qui reste stable ( 90 mio euros).

Cet échange d’opinions n’a pas eu le résultat de réunir les débatteurs dans la m^me conclusion . Chacun est resté sur ses positions. D’ailleurs , malgré l’enseignement de Pythagore, on peut faire dire aux nombres , ce que l’on vaut ! Et alors pourquoi s’en prive r ?

En votant contre la délibération, les oppositions ont ainsi motivé :

" Un bon budget est un budget qui fait consensus. Malheureusement , la voie du consensus ne semble pas être la vôtre" ( Marc Concas, DvG)

" Toute cette dette pour en faire quoi, pas grande chose finalement. Car si au moins on s’endettait pour créer du développement économique on pourrait espérer voir nos caisses se remplir mais ce n’est pas le cas" ( Fabrice Decoupigny, EE-LV))

" Vous n’êtes pas arrivé à maîtriser la dette de notre ville" , puis " Comment voulez-vous qui nous puissions tenir financièrement face à telles pingreries ?" ( Marie-Christine Arnautu, FN).

"La question, c’est de sortir de la fuite en avant dans laquelle vous êtes engagé" ( Patrick Allemand, PS).

Cette séance, était aussi l’occasion pour le traditionnel "arrosage" du monde associatif : l’enveloppe des subventions a été voté à a quasi-unanimité, avec la seule abstention motivée de Marie-Christine Arnautu qui, opposée à certaines associations, a déclarée ne pas pouvoir donner son agrément à des délibérations sectorielles et non individuelles.

En synthèse : 9 millions ont été alloués à 161 associations sportives ( avec une réduction de 8% pour celles de plus de 100000 euros) ; 706 milles euros à 46 dans le domaine sociale/solidarité ; 2,4 millions euros au profit des associations culturelles ; 351 mille euros aux organismes sportifs qui opèrent dans l’événementiel.

Pour terminer, le dossier des logements sociaux a permis la délibération d’aides aux bailleurs pour la construction de 764 logements qui s’ajoutent à ceux , déjà en nombre de quelque centaine, réalisés en 2016. De plus, dans nombreux quartiers de la ville- comme il a fait justement remarquer madame Estrosi-Sassone qui est en charge de cette responsabilité- ce qui promeut une amorce de mixité sociale.

Ne pouvait manquer- c’est une constante- la prise de bec de cette dernière avec le socialiste Paul Cuturello : le commentaire de celui-ci , traditionnel critique des retards de la ville dans ce domaine ( près de 12% de logements sociaux contre 20% prévu par la loi, puis augmenté à 25% ) " le rattrapage est venu" , a provoqué la réaction "vive" de l’adjointe et une "lapidation ( verbale) " du pauvre Cuturello qui décidément n’est pas dans les petits papiers de madame Estrosi-Sassone et qui, à l’avenir, aurait tout l’intérêt à se taire pour éviter d’être smashé comme une balle de tennis !

* la référence est aux taux, parce que , chaque année, il y a une révaluation de la rente cadastrale qui fixe la base d’application des taux ( taxe d’habitation : 21,10%, foncier bâti : 23,12%)

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