Les 4 voeux de Patrick Mottard ( gauche radicale)

Mon premier vœu est directement lié à l’actualité et à la crise que traverse notre pays.

En effet, je souhaite ardemment pour 2019, à la lecture des derniers événements, la réhabilitation de la démocratie représentative. Une démocratie représentative trop souvent attaquée ces derniers temps à la fois sur les ronds-points mais aussi par des responsables politiques qui, par démagogie, risquent de scier la branche sur laquelle ils sont assis. (Ils ressemblent aux capitalistes de Lénine qui étaient si bêtes qu’ils étaient capables de vendre la corde qui servirait à les pendre !)

En effet, la démocratie directe dopée au referendum est un leurre, ça n’a jamais fonctionné et la sophistication de nos sociétés la condamne à jamais. On ne gouverne pas un pays comme une assemblée de copropriétaires (si tant est que ce type d’assemblée soit un modèle).

La démocratie participative, parfois évoquée, par contre, c’est tout autre chose. Nous avions même été à l’époque des pionniers en la matière, bien avant que ce soit à la mode, en introduisant des mécanismes de démocratie participative inspirée par l’expérience de Porto Alegre au Brésil dans notre programme municipal de 2001. Mais la démocratie participative n’est pas une alternative à la démocratie représentative, elle en est le prolongement et le perfectionnement. Sa mise en œuvre est relativement complexe et exige un engagement citoyen de tous les instants. Rien à voir avec les simulacres caporalisés par Christian Estrosi. Les conseils de quartier, devenus conseils de territoires, institués pour étouffer les comités de quartier, et le Conseil communal consultatif sont des institutions tellement caricaturales qu’après avoir joué le jeu, Dominique, dans les premiers, et moi dans le second, avons décidé de ne plus y participer.

Mais tout incontournable qu’elle soit, la démocratie représentative doit toujours être réinventée, elle est toujours perfectible. Surtout avec cette Ve République version quinquennat qui n’est pas très loin du coup d’État permanent dénoncé en son temps par François Mitterrand. Que 2019 soit donc l’année d’une vraie prise de conscience et d’une mobilisation citoyenne pour exiger une réforme constitutionnelle qui ne soit pas l’insipide réformette promise par le gouvernement. Une réforme qui ramènerait la France dans le camp des pays ayant un régime vraiment démocratique et donc représentatif, qu’il soit parlementaire ou présidentiel.

Mon deuxième vœu concerne l’Europe.

Fédéraliste convaincu, je souhaite que les élections européennes marquent un coup d’arrêt au développement du populisme. Qu’elles donnent raison au grand Victor Hugo en provoquant « la défaite de la démagogie qui sera la victoire du peuple ».

Cela ne signifie pas qu’il faille se contenter du statu quo avec cette Union Européenne faible et divisée qui se caricature parfois elle-même. Il faut que les élections à venir ne se transforment pas en un referendum pour ou contre l’Europe (le Brexit démontre chaque jour l’inanité d’un tel débat) mais soit l’occasion de définir le contenu de cette Europe fédérale, démocratique et sociale que nous voulons.

Mon troisième vœu ira vers un rééquilibrage social de la politique du gouvernement.

Après deux ans d’exercice, ce pouvoir qui devait être ni de droite ni de gauche a quand même placé le curseur bien à droite, comme en témoigne l’exemple comparatif que j’utilise souvent : défiscalisation des heures supplémentaires contre réintroduction de l’ISF. Il faut que 2019 soit l’année de ce rééquilibrage mais je ne suis pas sûr qu’il pourra être le fait d’un gouvernement Philippe/Le Maire/Darmanin.

Le quatrième vœu ne vous surprendra pas venant du Radical que je serai toujours. 2019 doit être l’année de la préservation de notre République laïque et celle de la lutte contre l’intégrisme et le communautarisme.

Strasbourg nous a tragiquement rappelé que la défaite militaire de Daech n’avait pas anéanti le potentiel terroriste de l’intégrisme islamiste. Il ne faut donc pas baisser la garde. Mais au-delà, c’est à une mobilisation contre le communautarisme et pour la laïcité qu’il faut tendre. Certaines déclarations présidentielles, le renouvellement de Jean-Louis Bianco à la tête de l’Observatoire de la Laïcité, une promesse de refonte de la loi de 1905, sont des sources d’inquiétude qui doivent inciter les républicains à la vigilance."

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