Le clap de fin pour l’application Reporty salué par les oppositions et déclenches les polémiques

La décision de la CNIL a eu un effet libératoire pour les opposants politiques et associatifs au Maire de Nice. En fait l'occasion est bonne pour exprimer des critiques fondées ( l'amalgame entre incivilité et terrorisme est un faux pas de la part de Christian Estrosi ) et régler quelques comptes. Patrick Allemand , en bon politicien, en profite même pour lancer un message :"La conclusion de cet épisode est un message d'espoir pour l'avenir qui démontre que, rassemblée, l'opposition républicaine peut freiner certaines dérives et voir l'avenir différemment". Pour mémoire : L'application Reporty, développée en Israël par la start-up de l'ancien Premier ministre Ehud Barak, était actuellement en test auprès de 2.000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore des membres du réseau "voisins vigilants". Un bilan devait en être fait au terme de la période d'expérimentation de cette initiative que, dès son annonce, a crée la polémique entre sécuritaires et libertaires. Nice, dont la police municipale est la première en France en effectif, est quadrillée par 1.950 caméras de vidéosurveillance, un record dans l'Hexagone.

Patrick Allemand ( Nice au Cœur ) : "C’est une victoire pour les libertés individuelles et un nouveau désaveu pour Christian Estrosi qui montre ses limites.
Cette posture permanente, cette propension à vouloir sans cesse avoir raison contre tout le monde, le Conseil d’Etat, le tribunal administratif, le commissaire enquêteur, la CNIL et les citoyens, devient exaspérante".

Robert Injey (PCF) : "Une décision qui n’est pas étonnante vu les dérives que pourrait entraîner la mise en place d’une telle application. Une décision qui, et ce n’est pas une surprise non plus , a déclenché une vive colère du maire de Nice qui, avec le sens de la mesure qui le caractérise, déclare que “Ce sont les terroristes et ceux qui veulent porter atteinte à notre démocratie qui bénéficient de cette décision”.

Xavier Garcia (PS) : "Outre un énième gâchis d’argent public alors que les finances communales et métropolitaines sont dans le rouge, il restera de cette lamentable affaire une fuite en avant irrationnelle qui a conduit le Maire de Nice à tout mélanger et à mettre sur le même plan la lutte contre les incivilités et le combat contre le terrorisme. Et ce n’est pas en créant une société de la paranoïa, où tout le monde surveillerait tout le monde que nous vaincrons les terroristes. Ce serait même une façon de concéder notre défaite.

David Nakache ( Tous Citoyens) : Nous crions victoire et nous le ferons à chaque fois que sera repoussée une nouvelle tentative consistant à promouvoir la suspicion et la surveillance de tous contre tous. Le Maire de Nice porte également une accusation grave puisqu’il déclare que cette décision de la CNIL va profiter aux terroristes. Il agite désormais clairement la peur des attentats alors que cette application était sensée lutter contre les simples incivilités. La protection des citoyens et la réflexion à mener sur notre système de sécurité méritent bien mieux que ces accusations hâtives.

* Commission Nationale des Informations et Libertés

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