Le voyage de la mémoire des scolaires azuréens pour la transmission générationnelle de l’Histoire

Dans le cadre du Plan d’actions département pour le respect des valeurs républicaines et citoyennes auprès des jeunes, présenté en novembre 2015, le Département a invité 7 classes de collèges à visiter le camp de concentration de Auschwitz, avec sept classes de 3e.

Ce voyage de la mémoire apporte du concret aux cours sur la Shoah de ces élèves et ceux, depuis 2004. Bien plus, ces adolescents peuvent voir de leur propres yeux l’horreur des conditions de vie des camps d’Auschwitz I et II. «  Nous aurions jamais imaginé ça comme ça. Ce voyage nous permet d’être plus dans le contexte  », témoigne une élève du collège Saint-Barthélémy.

Ils ont marché sur les pas des 1 100 000 juifs qui étaient détenus, tous comme 15 540 collégiens avant eux. Les émotions et atmosphères différentes se sont entremêlées durant cette journée de découverte de cette sombre partie de l’Histoire.

Sur le camp de Birkenau, appelé aussi Auschwitz II, ils ont pu voir les terrifiantes conditions de vie des déportés. Sur ce terrain de 170 hectares, les rails et le seul wagons qui reste, montrent l’objectif du lieu : la "solution finale".

Entre dortoirs, toilettes et douches, la guide les imprègne de l’atmosphère invivable de ces lieux de vie. « Imaginez-vous à 10 sur ces lattes, pour dormir, avec qu’un pyjama pour vous réchauffer et pratiquement rien dans le ventre ».

Au camp concentration et de travail forcé, l’Auschwitz I, les collégiens ont pu découvrir les visages de ces déportés et leurs affaires. Le plus marquant pour beaucoup d’entre eux reste les six tonnes de cheveux des déportés, coupés à leur arrivée.

Lorsque la première visite du camp Birkenau est arrivée à sa fin, tous les élèves se sont rassemblés près des 27 stèles commémoratives où sont inscrits dans différentes langues : « Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants en majorité juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de de désespoir et un avertissement  ».

Après que certains élèves aient récité des textes et qu’une gerbe soit déposée, une minute de silence a été établie. A travers des exposés, des montages vidéos, textes en prose, poèmes ou encore dessins, les élèves pourront alors transmettre leurs émotions au retour du voyage.

« Vous êtes la mémoire vivante »

Le voyage de la mémoire porte bien son nom. Ses déplacements sont nommés ainsi car déterminés à promouvoir le travail de mémoire afin que les prochaines générations n’oublient jamais les horreurs perpétrées par les nazis. La guide a tenu à le souligner, terminant la visite par ces mots : « Vous êtes la mémoire vivante. C’est très important que vous veniez ici. Dans 20 ans, il n’y aura plus de témoins direct et ce sera alors à vous de raconter ».

Ces jeunes en ont d’ailleurs pris conscience. Ces élèves du collège Saint-Barthélémy le montre. « Je vais pouvoir le raconter à ma petite soeur quand elle sera au collège ». Son amie renchérit : « Nous avons pris des photos que nous pourrons montrer aux autres. Cela se diffuse et c’est important, pour pas que cela recommence ».

Yaële Lerner a accompagné la classe de collège niçois la matinée. Elle est l’épouse d’un rescapé du ghetto de Varsovie, le seul de sa famille et fait partie de l’association Mémoire des Enfants Juifs Déportée dans les Alpes Maritimes.

Pendant la visite des deux camps, elle apporte des témoignages, échange avec la guide et prend des notes. « Il y a tellement d’histoires dans ma famille que je ne suis pas obligée de raconter les mêmes, raconte-t-elle tristement. Je veux être le témoins des témoins. C’est à chaque fois douloureux de raconter mais je sens que c’est un devoir ».

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Jane Doe

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