Retour à la case de départ pour Christian Estrosi : il sera à nouveau Maire de Nice

Dans l'attente que les spécialistes fassent briller la bombe trouvé dans la mer qui semble tant préoccuper les coeurs fragiles des niçois ( en fait, il s'agit d'une simple opération de déminage qu'il ne demande tant d'émotion) , une autre bombe a explosé en fin d'après-midi de la journée de commémoration de la victoire du 8 mai : @estrosi : Dès la semaine prochaine, je démissionnerai de la Présidence de la Region Provence-Alpes-Côte d'Azur pr redevenir Maire de la @VilledeNice. Donc, Christian Estrosi revient à la tête de la municipalité après avoir confié ce rôle à son ancien 1er adjoint Philippe Pradal il y a 11 mois. Ce n'est qu'un acte "forme"l parce qu'en fait rien ne changera par rapport à la situation actuelle : c'est toujours Christian Estrosi qui exerçait le pouvoir "réel" par personne interposée. Pour cela, il devra quitter la présidence de la Région PACA où il avait élu en décembre 2015. Ce sera à son président délégué Renaud Musellier de lui succéder, en exchangeant sa place avec la sienne dans un jeux de chaises musicales. Finalement, à la fin de l'opération Christian Estrosi sera maire de Nice, président de la Métropole, président délégué de la Région : il a aura ainsi le contrôle de l'ensemble du pouvoir territorial et la main sur les budgets "à cascade" de trois collectivités.

Pourquoi cette accélération alors que sa rentrée à Nice était prévue en 2019 pour bien préparer les municipales de l’année suivante ?

Certains bruits ( pour chercher le souffleur il faut orienter le regard vers ...), faisaient état d’une candidature de l’ancien/nouveau maire de Nice pour un poste gouvernemental régalien mais l’intéressé lui même à démenti cette hypothèse :

@cestrosi : Ni un poste au gouvernement, ni une autre proposition ne me fera changer d’objectif. Mon objectif, c’est résolument Nice. C’est tjrs #Nice06

Alors, quelles sont les possibles raisons ?

D’abord la situation de sa famille politique : défait à la primaire son idole Nicolas Sarkozy , ses mauvais rapports avec le candidat de LR François Fillon l’ont positionné dans une position difficile.

Ensuite, la stratégie très droitière de celui-ci n’a jamais rencontré les faveurs du niçois qui prônait une ligne politique plus populaire et ouverte vers le social : pour lui, l’ennemi était la candidate du FN , alors que l’ancien premier ministre cherchait les faveurs des électeurs par des propositions de plus en plus ressemblantes à celles de MLP , inspirées par son ( ancien ?) ami, aujourd’hui son rival Eric Ciotti , qui s’était mis à son service, et dont on connait les ambitions ministérielles et...municipales en 2020 !

L’épisode de la journée du Trocadero, quand Christian Estrosi avait demandé ( et organisé) le retrait du candidat de LR et son remplacement avait définitivement creusé un fossé entre les deux hommes.

Depuis, Christian Estrosi avait été éloigné du dispositif de la campagne électoral, mis à l’index par le premier cercle de François Fillonet et sifflé ou fait siffler par les militants lors des meetings tenues dans la Région.

Au même temps, Eric Ciotti devenait , de plus en plus, un des collaborateurs les plus proches de François Fillon et figurait à ses côtes dans toutes les manifestations.

La défaite de François Fillon , qui a laissé les Républicains orphelins d’une victoire qui sentaient comme leur , le manque de soutien "républicain" de la mouvance droitière ( celle de Eric Ciotti) de son parti à Emmanuel Macron ( que, par contre, Christian Estrosi a soutenu dès la soir du premier tour avec engagement ) et, finalement, la victoire de ce dernier, des scores brillants obtenus à Nice, dans le département et dans la région, on fait comprendre qu’ il fallait clarifier le jeu : reprise en main en direct des affaires de sa ville, déblayage de la situation locale avec la tentative d’ exilier le députe Eric Ciotti ( privé de la présidence du Conseil départemental à cause de l’interdiction du cumul des mandats) dans le chaudron de la politique nationale .

En tout cas, pas besoin d’être à Paris pour lui : le crédit moral envers le nouveau président de la République pour le soutien électoral qui lui a apporté , permettra à Christian Estrosi d’exercer une influence sur les dossiers qui l’intéresseront.

Son retour à un périmètre local de la politique est un bon choix ? Dans un monde "glocal" , le contrôle du pilier " local" est garantie de pouvoir , d’autant plus que le territoire , lui, ne se délocalise en aucun cas !

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