Sudoku : de l’associatif au commercial.

Véritable phénomène, le Sudoku était présent au Festival International du Jeu à Cannes. Célèbre aujourd'hui, ce passe-temps existe pourtant depuis plusieurs siècles. On en a trouvé des traces au Japon, 4000 ans auparavant. Mais aucun impact ! Ce n'est qu'en 1997, que Wayne Gould, juge à la retraite, découvre ce jeu dans une librairie à Hong Kong. Interpellé, intéressé, cet homme décide alors de monter des logiciels pour créer des grilles de Sudoku. En Octobre 2004, le Times publie ce divertissement. Tout va alors très vite ! L'Europe entière en fait la découverte en été 2005. Découverte qui fait l'objet d'une véritable expansion Une émission suisse, TSR2, est d'ailleurs dédiée à ce jeu. Depuis, le Sudoku ne cesse de séduire. Pour mieux comprendre cette déferlante, Nice Première a interrogé deux acteurs concernés.

Questions à Gilles Goethals, professeur de bridge de métier et fondateur de la Fédération française de Sudoku.

- Quel mot français donneriez-vous en traduction de Sudoku ?

On traduit sudoku par « chiffre unique ».
Un seul chiffre unique bien placé concourt à la réussite de la grille.

- Quand la fédération française a-t-elle été créée ?

Notre Fédération a été créée le 07 décembre 2005, à l’origine, j’ai vu ce jeu dans un journal. Cela m’a beaucoup plu, j’ai décidé alors de fonder cette association.

- Combien y a-t-il de d’adhérents dans la fédération française de sudoku ?

Il y a environ 100 membres.

- Combien de temps votre rôle de président vous prend t il par jour ?

Cela me prend beaucoup de temps, environ 16 heures par jour. En fait je me consacre à cela à temps complet..

- En quoi consiste t-il ?

J’organise des tournois par équipes de trois joueurs. Je réponds à tous les mails que je reçois et j’arbitre aussi les tournois.

- Que pouvez-vous nous dire du premier tournoi ?

Le premier tournoi a eu lieu à Nice en novembre 2005, ce qui a permis aux 33 joueurs de faire connaissance. C’est ce phénomène qui m’a donné envie de continuer à organiser des rencontres.

- Quand auront lieu les prochaines rencontres ?

Le prochain aura lieu le samedi 25 février à 14 h 30 à Montpellier. Mais encore le vendredi 10 mars à partir de 14h00 durant la Foire de Nice, samedi 11 mars à 14h30 à la FNAC de Monaco, mercredi 22 mars à la FNAC de Nice et du 22 au 31 mai à Jan au Palais des Congrès à 10h00 et 15h 00. Les inscriptions sont obligatoires.

- Qu’attendez-vous de ce festival ?

J’attends beaucoup de contacts. Ce festival permet d’offrir des cours d’initiation et donc de développer le jeu.

- Vous-même y jouez vous ?

J’y jouais avant. Maintenant, je n’ai plus vraiment le temps.

- Que représente pour vous ce jeu ?

Je voyais dans le sudoku un jeu solitaire. Finalement, jouer en équipe permet de créer un lien entre les personnes.

- De la même façon que le jeu d’échec est répertorié comme une discipline sportive, pensez vous que le sodoku puisse un jour l’être ?

Pourquoi pas ! Ca dépend de la progression du nombre de licenciés, et à mon avis ce sera pour bientôt.

- Que pensez vous de ce festival International du jeu ?

C’est un festival très complet, important pour tout le monde parce qu’il s’ouvre vers la découverte de nouveaux jeux.

- Si le sidoku est toujours d’actualité, pensez vous être présent l’année prochaine à ce festival ?

Oui j’espère bien être présent l’année prochaine.

Questions à Xavier DE BURE, Directeur général des éditions keesing France (sport cérébral)

- Quand avez-vous publié les premières grilles ?

La première grille a été publiée en Angleterre dans le Times en Octobre 2004. Les Pays Bas et la Belgique ont suivis en même temps que la France avec le Figaro, nous avons publié le premier jeu en octobre 2005 dans la catégorie « sport cérébral » au même titre que les mots croisés parce que avons eu une longue réflexion sur le nom.

- Le sport cérébral est votre catégorie. Votre label « qualité » commence à apparaître sur vos publications. Vous harmoniez le graphisme et mettez peu en avant keesing. Pourquoi ?

Parce que mon nom et celui de la société importent peu. Ce que nous voulons avant tout c’est formaliser un visuel représentant la qualité du contenu.

- A quoi attribuez-vous l’engouement du sudoku ?

Il y a beaucoup de raisons. Ce jeu, d’origine japonaise, ne fait pas appel au langage, ni à la culture générale. C’est un jeu de déduction logique qui ne nécessite que la lecture des chiffres.

Ce jeu est aussi conforme à la société d’aujourd’hui. Une société très proche du langage informatique qui fonctionne selon des codes chiffrés.
Ensuite, la durée de pratique peut être adaptée en fonction du temps libre dont on dispose.
Elément important : De 5 à 175 ans on peut jouer seul ou à plusieurs. C’est un nouveau vecteur d’inter-générationalité de rencontres.
Le Sudoku est également vu comme un challenge personnel car en cas d’erreur, les joueurs ne peuvent pas rester sur un échec.

- Y a-t-il des variantes ?

Oui , C’est pourquoi nous avons crée une revue appelée « Varia ». Elle propose des grilles en 3D, d’autres qui intègrent des lettres ou des couleurs.

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Xavier de Bure

- Y a-t-il différents niveaux ?

Oui il existe à ce jour 5 niveaux de difficultés. Les sudokistes amateurs deviennent vite confirmés et évoluent. Pour anecdote un ami est en train de créer son propre logiciel car tout est trop facile pour lui.

- Vous parlez de logiciel, avez-vous une application Internet du jeu ?

Oui sur le site de keesing on peut, à l’heure actuelle, jouer gratuitement. Ce site est toutefois appelé à devenir payant. Nous sommes en train de travailler à l’adaptation sur les mobiles et mini consoles.

- Selon vous le succès du Sudoku va-t-il durer longtemps ?

Une fois le phénomène de mode passé et le pic qui y est associé, il y aura une stabilisation. Cependant, on observe que depuis 10 ans les statistiques sont en progression constante.

- Que faites-vous pour promouvoir le Sudoku ?

En dehors du label qualité et des prochaines adaptations, nous avons crée un partenariat avec l’école de commerce IPAG. Celle-ci organise le premier Master de Sudoku. Dix joueurs sélectionnés par région participeront à la finale à Paris le 20 mai.

Barbara D

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