Voyage de la Mémoire : Auschwitz-Birkenau

Jeudi 7 février, une centaine d’élèves de troisième se sont rendus en Pologne sur le site d’Auschwitz-Birkenau. Les collégiens des Alpes-Maritimes ont pendant une journée côtoyés l’effroyable réalité qui a frappé le monde durant plus de cinq ans.

On a beau étudier et voir différents reportages sur les monstruosités du génocide de la seconde guerre mondiale, on ne peut croire ce que l’on voit. Nous ne nions pas ces événements épouvantable, on se demande juste « comment l’homme a-t-il pu agir ainsi ? » Tant de questions que l’on se pose. Le Voyage de la Mémoire est-donc un moyen fort de marquer les esprits, jeunes comme adultes. A l’aide de photographies descriptives et de recherches nous allons évoquer ce que représente ce lieu.

Introduction

La visite a débuté par Auschwitz II plus connus sous le nom de Birkenau. La grande porte surplombant les longs rails est l’image la plus connue du lieu. Cette image est donc faussée car cela ne représente pas la partie centrale d’Auschwitz.

Du 27 avril 1940 au 27 janvier 1945, Auschwitz-Birkenau a été le théâtre de la vague d’extermination la plus meurtrière jamais connue. Auschwitz-Birkenau n’a pas été construit de la main des allemands mais par les prisonniers présents dans le camp. Pour survivre ? Être assez fort physiquement pour parvenir aux fins nazies. Les troupes SS allaient dans les villes et villages voisins pour prendre tout ce qui pouvait servir à ce chantier gigantesque.

Birkenau

Le camp est fractionné en trois parties différentes, à des dates différentes. Sur un terrain de 170 hectares, plus de 1,1 millions de détenus ont été froidement assassiné. Les détenus étaient composés de juifs, prisonniers de guerre, opposants politiques, Tziganes et résistants. Les décès survenaient des chambres à gaz, par arme à feu, famine ou encore maladie.

Cette région de la Pologne y est très dure à vivre avec une température continentale donc très chaud l’été et très froid l’hiver. La « ville » est sur un terrain marécageux et encerclé de la rivière Sola.

Les blocs 25 et 26

Sur la photo ci-dessous de l’entrée du bloc 25, la porte d’entrée est un des exemples de ce que les nazis ont pris aux polonais. C’est pour cela qu’aucune porte n’était identique.

Les femmes trop affaiblies étaient placées dans les blocs 25 et 26. Les deux logements entourés de grands murs les séparés de l’extérieurs du camp. Des fenêtres étaient barricadées par des planches de bois pour ne pas voir les morts présents entre les deux blocs. Elles ne pouvaient pas les voir mais l’odeur et les cris de douleur résonnaient en chacune d’elles.

Dans les dortoirs les hommes et les femmes se battaient pour avoir le lit le plus haut. Ceux situés en bas n’étaient pas sur des planches de bois mais sur des pierres à même le sol. Ces derniers recevaient toutes les défections et vomis dû à la maladie de leurs camarades.

Charlotte Delbo, écrivaine française a vécu l’horreur de ces blocs. Dans son œuvre « aucun de nous ne reviendra », elle relate ses souvenirs qui font froid dans le dos.

Aucun de nous ne reviendra

« Celles qui sont couchées là dans la neige, ce sont nos camarades d’hier. Hier elles étaient debout à l’appel. Elles se tenaient cinq par cinq en rangs, de chaque côté de la Lagerstrasse. Elles partaient au travail, elles se traînaient vers les marais. Hier elles avaient faim. Elles avaient des poux, elles se grattaient. Hier elles avalaient la soupe sale. Elles avaient la diarrhée et on les battait. Hier elles souffraient. Hier elles souhaitaient mourir.
Maintenant elles sont là, cadavres nus dans la neige. Elles sont mortes au block 25. La mort au block 25 n’a pas la sérénité qu’on attend d’elle, même ici.

Un matin, parce qu’elles s’évanouissaient à l’appel, parce qu’elles étaient plus livides que les autres, un SS leur a fait signe. Il a formé d’elles une colonne qui montrait en grossissement toutes les déchéances additionnées, toutes les infirmités qui se perdaient jusque-là dans la masse. Et la colonne, sous la conduite du SS, était poussée vers le block 25. Il y avait celles qui y allaient seules. Volontairement. Comme au suicide. Elles attendaient qu’un SS vînt en inspection pour que la porte s’ouvrît - et entrer.

Il y avait aussi celles qui ne couraient pas assez vite un jour qu’il fallait courir. Il y avait encore celles que leurs camarades avaient été obligées d’abandonner à la porte, et qui avaient crié : « Ne me laissez pas. Ne me laissez pas. »

Pendant des jours, elles avaient eu faim et soif, soif surtout. Elles avaient eu froid, couchées presque sans vêtements sur des planches, sans paillasse ni couverture. Enfermées avec des agonisantes et des folles, elles attendaient leur tour d’agonie ou de folie. Le matin, elles sortaient. On les faisait sortir à coups de bâton. Des coups de bâton à des agonisantes et à des folles. Les vivantes devaient traîner les mortes de la nuit dans la cour, parce qu’il fallait compter les mortes aussi. Le SS passait. Il s’amusait à lancer son chien sur elles. On entendait dans tout le camp des hurlements. C’étaient les hurlements de la nuit. Puis le silence. L’appel était fini. C’était le silence du jour. Les vivantes rentraient. Les mortes restaient dans la neige. On les avait déshabillées. Les vêtements serviraient à d’autres.

Tous les deux ou trois jours, les camions venaient prendre les vivantes pour les emporter à la chambre à gaz, les mortes pour les jeter au four crématoire. La folie devait être le dernier espoir de celles qui entraient là. Quelques-unes, que leur entêtement à vivre faisait rusées, échappaient au départ. Elles restaient parfois plusieurs semaines, jamais plus de trois, au block 25. On les voyait aux grillages des fenêtres. Elles suppliaient : « À boire. A boire ». Il y a des spectres qui parlent. »

Source du texte : http://memoiresdesdeportations.org/fr/texte/au-block-25-il-y-des-spectres-qui-parlent

Par la suite les élèves ont découvert les sanitaires des déportés, tout le monde était dans des toilettes communes. Plus personne n’avait de vie privée dans le camp de concentration. Ci-dessous, les lavabos permettaient aux prisonniers de se laver les mains et se laver pour certains. L’eau présente n’était pas potable et loin d’être propre, elle apportait que maladies et fortes fièvres. Durant les rudes journées hivernales, les canalisations gelaient et personne n’avait accès à l’eau.

Une grande partie des bâtiments du site ont disparus. Il ne reste que les fondations et les cheminées construites en pierre. Les murs et les portes étaient entièrement en bois ce qui ne gardait pas la chaleur et l’humidité. Le bois a été détruit par l’armée russe pour le réutiliser après la guerre.

Le long des fils barbelés, plusieurs miradors sont positionnés pour garder une vue panoramique sur l’ensemble du camp de concentration. Tout homme ou femme s’approchant de ces fils risquaient leur vie. Les SS pouvaient tirer sans avertissement.

Les déportés étaient acheminés à Birkenau dans des trains destinés au bétail, sans lumière et avec peu d’aération. Les prisonniers restaient plusieurs jours sans la moindre lueur de soleil.

Non loin de ces rails, des photographies prises par des soldats nous illustrent comment était organisé les arrivés. D’un côté les femmes et les enfants et de l’autre les hommes dans la capacité de travailler. La plupart des femmes et enfants n’avaient pas le temps de loger à Birkenau. Ils allaient directement dans les chambres à gaz. La raison est que les enfants n’apporteraient rien de bénéfique au camp.

Nous nous sommes questionnés sur les réactions des déportés. Pourquoi ils ne réagissaient pas face à l’oppression allemande ? La réponse de la guide fut simple, les nazis laissaient les familles venir avec leurs biens personnels, vêtements et valise. Ils venaient à Auschwitz-Birkenau pour y vivre en communauté et construire une nouvelle ville florissante.

On annonçait qu’ils pourront se laver avant d’entrer au camp. En entrant dans les chambres à gaz rien ne semblait être évocateur de danger. Des casiers numérotés, étaient à leur disposition « Souvenez-vous de votre numéro de casier » scandaient les SS. Ce n’est qu’à l’intérieur des « douches » qu’ils comprenaient que leur vie se terminait ici.

Ci-dessous on peut apercevoir le plan et les ruines d’une des nombreuses chambres du site. Sur le panneau central les familles prisent en photo sont souriantes, comme si elles posaient face au photographe SS. Pour une raison de sécurité l’armée russe a démolit les chambres à gaz lors de leur arrivée en janvier 1945. On peut encore apercevoir les fondations et les sous-sols.

Un ouvrage émouvant retrace les horreurs que l’on subissait dans ces pièces de torture ;
" des voix sous les cendres" est une compilation de texte écrits par ce que l’on appelait des Sonderkommandos. Ces derniers sont des prisonniers devant participer à la Shoah, cette « unité spéciale » étaient chargés de bruler le corps des morts (on en reparlera plus tard).

Ils avaient accès aux biens personnels des déportés dont des feuilles et des stylos. Ils savaient pertinemment que leurs jours étaient comptés mais ils voulaient que des témoignages reste pour les générations futures et pour la possible libération du camp. Les écrits décrivent le quotidien des déportés. Par la suite ils ont enterré leurs écrits dans la neige ou dans la terre autour des chambres à gaz. Pourquoi les chambres à gaz ? Ils étaient conscients que les chambres seraient les premiers bâtiments visités par les forces alliés.

En dehors des écrivains, d’autres personnes voulaient laisser des traces, des témoignages au péril de leur vie. Les photographies qui suivent ont été prises clandestinement, pour la plupart depuis l’intérieur de la chambre à gaz du Krematorium V. Tout d’abord des femmes nues dans la forêt de bouleau se changeaient avant leur entrée dans la chambre à gaz.

Sur la seconde et troisième photo, des corps jonchent la fosse commune où les morts y étaient brûlés. Les prisonniers s’occupant des corps plaçaient un étage de cadavres puis des planches de bois et ainsi de suite puis brulaient jusqu’à une centaine de déportés. Des témoins ont rapporté qu’une odeur ignoble survenait de la fosse commune.

La dernière visite à Birkenau nous a amené dans un Sanatorium. Le bâtiment servait à ausculter les prisonniers à leur arrivée par des médecins. Les malades et femmes enceintes étaient directement dirigés vers la mort. Pour les autres ils étaient rasés et habillé en prisonniers.

Les vêtements sont désinfectés dans une pièce ressemblant fortement ressemblant à des fours. Ils étaient divisés en deux catégories selon leur qualité. Toutes les richesses, habilles et biens étaient envoyés en Allemagne pour la population.

Un nombre incalculable de photographies découvertes dans les valises ont été rassemblés sur les murs du sanatorium. On peut y voir des familles et des groupes heureux.

À la fin de la matinée, les collégiens se sont recueillis au mémorial où pas moins de 27 stèles dans différentes langues arborent la citation ci-dessous.

Après avoir déposé des fleurs devant la stèle française, des collégiens ont récités des poèmes poignants face à l’arc de cercle formé par leurs camarade attentifs et émus. Dans la vidéo qui suit, vous pouvez entendre ces poèmes.

Une poupée à Auschwitz
Par Moshe Schulstein poète Yiddish et survivant de la Shoah.

Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise.
C’est l’unique reliquat, l’unique trace de vie.
Toute seule, elle est assise, orpheline de l’enfant
Qui l’aima de toute son âme.
Elle est assise, comme autrefois elle l’était parmi ses jouets,
Auprès du lit de l’enfant, sur une petite table.
Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,
Avec ses grands yeux tous bleus et ses tresses toutes blondes,
Avec des yeux comme toutes les poupées du monde,
Qui du haut du tas de cendre ont un regard étonné
Et regardent comme font toutes les poupées du monde.

Pourtant tout est différent, leur étonnement diffère
De celui qu’ont dans les yeux toutes les poupées du monde,
Un étrange étonnement qui n’appartient qu’à eux seuls.
Car les yeux de la poupée sont l’unique paire d’yeux
Qui de tant et tant d’yeux subsiste encore en ce lieu,
Les seuls qui aient resurgi de ce tas de cendre humaine.
Seuls sont demeurés des yeux, les yeux de cette poupée
Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre,
Et jusqu’à ce qu’il nous soit terriblement difficile de la regarder dans les yeux.

Dans ses mains, il y a peu, l’enfant tenait la poupée.
Dans ses bras, il y a peu, la mère portait l’enfant.
La mère tenait l’enfant comme l’enfant la poupée ;
Et se tenant tous les trois, c’est à trois qu’ils succombèrent
Dans une chambre de mort, dans son enfer étouffant :
La mère, l’enfant, la poupée,
La poupée, l’enfant, la mère.

Parce qu’elle était poupée, la poupée eut de la chance.
Qu’elle bonheur d’être poupée et de n’être pas enfant !
Comme elle y était entrée, elle sortit de la chambre,
Mais l’enfant n’était plus là pour la serrer contre lui,
Comme pour serrer l’enfant, il n’y avait plus de mère.
Alors elle est restée là, juchée sur le tas de cendre,
Et l’on dirait qu’alentour, elle scrute et qu’elle cherche
Les mains, les petites mains qui voici peu la tenaient.
De la chambre de la mort la poupée est ressortie
Entière, avec sa forme et avec son ossature,
Ressortie avec sa robe et avec ses tresses blondes,
Et avec ses grands yeux bleus qui, tout plein d’étonnement,
Nous regardent dans les yeux, nous regardent, nous regardent.

Source du poème : http://israel-de-tout-mon-coeur.over-blog.com/article-shoah-2-ce-qu-etaient-les-camps-comparaison-avec-gaza-103769147.html


NOUS LES RESCAPÉS...

Par Nelly Sachs (1891-1970)
Née allemande d’une famille juive, Nelly Sachs fuit en Suède en 1940, échappant aux camps d’extermination. Son œuvre est un cri muet, qui communie avec le silence des morts dans des images élémentaires et pathétiques.

Nous les rescapés
Dans les ossements desquels la mort tailla ses flûtes
Sur les tendons desquels la mort déjà frotta son archet –
La musique mutilée de nos corps poursuit
Sa complainte.
Nous les rescapés,
Devant nous dans l’air bleu
Continuent de pendre les cordes nouées pour nous –
Les horloges continuent de se remplir des gouttes de notre sang.
Nous les rescapés,
Les vers de la peur continuent de se repaître de nous.
Notre astre est enterré dans la poussière.
Nous les rescapés,
Vous supplions :
Montrez-nous lentement votre soleil.
À votre pas conduisez-nous d’étoile en étoile.
Laissez-nous tout bas réapprendre la vie.
Sinon le chant d’un oiseau,
L’eau dans le seau à la fontaine,
Pourraient faire se rouvrir notre douleur mal scellée
Et nous emporter avec l’écume –
Nous vous supplions :
Ne nous montrez pas encore un chien qui mord –
Il se pourrait, il se pourrait
Que nous tombions en poussière –
Sous vos yeux tombions en poussière.
Qu’est-ce donc qui tient ensemble notre trame ?
Pauvres de souffle désormais,
Nous dont l’âme du fond de minuit s’enfuyait vers Lui
Bien avant qu’on ne sauve notre corps
Dans l’arche de l’instant.
Nous les rescapés,
Nous serrons votre main,
Nous reconnaissons votre œil –
Mais seul l’adieu nous maintient encore ensemble,
L’adieu dans la poussière
Nous maintient ensemble avec vous.
Source du poème et de la description : https://le1hebdo.fr/journal/numero/233/i-nous-les-rescaps-i-3158.html#formulaire

Auschwitz

Quelques heures après nous nous sommes rendus au cœur du camp de concentration, Auschwitz I, là où les soldats SS et le commandant du site Rudolf Höss logeaient.

À l’entrée les prisonniers étaient accueillis avec la phrase présente sur la photo au-dessus. On peut traduire cela par « Le travail rend libre ». Il est clair que cela est de l’humour noir dont seuls les nazis en riaient. Comme à Birkenau, il y a différents secteurs divisés par de longs murs de barbelés.

Non loin de là, nous sommes entrés dans le dernier crématorium du site encore debout. Tous les autres ont été détruit par l’armée russe mais aussi les nazis qui voulaient effacer le plus de preuves possibles.

Les images qui suivent sont les derniers vestiges de l’horreur de la solution finale. Émotionnellement il était dur de supporter cette sensation de tristesse. Comme si l’on assistait à l’enterrement d’un proche, mais cette fois c’était celui de plus d’1 million d’individus comme nous.

Dans la pièce d’à côté, des fours permettaient aux SS de bruler les corps.

Une maison sortait de l’ordinaire lors de la visite d’Auschwitz. Elle ne ressemblait pas aux logements des soldats. C’était la maison personnelle du commandant Rudolf Höss. Il y vivait paisiblement pendant que des âmes périssaient non loin de lui et sa famille.

A la capitulation de l’Allemagne nazi, il fut capturé et jugé. Il a bien entendu été jugé coupable et a été tué sur cette plateforme spécialement installée pour lui. Comme un symbole, il y a été pendu le 16 avril 1947.

Sur les images suivantes, de nombreux prisonniers y ont été pendus. Le 19 juillet 1943, les douze juifs présents sur le panneau noir y ont péri suite à la grande exécution publique d’Auschwitz.

Les logements des soldats nazis ont été transformés en différents musées. D’innombrables portraits de déportés sont fixés sur les murs avec leur noms, durée de détention et date de mort. Ces clichés ont été sauvés in extrémis par Lili Jacob lors de la libération. La prisonnière hongroise a sauvé la mémoire de centaine de milliers de déporté.

Pour plus d’information sur l’album d’Auschwitz on vous conseil ce site : http://collectifhistoirememoire.org/collectifhistoirememoire.org/UserFiles/file/ALBUM_AUSCHWITZ.pdf

Les tenues étaient similaires pour tout le monde. Un ensemble rayé très léger à porter. Un plus indéniable pour l’été mais quand arrivait l’hiver, les températures négatives avaient raison d’eux. Pour les catégorisés les allemands plaçaient un triangle de couleur selon l’appartenance du déporté, suivi de son numéro de matricule. Par la suite les numéros étaient tatoués sur l’avant-bras gauche.

Pour une explication plus approfondie des couleurs et de leur emplacement rendez-vous sur le site suivant : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/triangles.htm

Quoi de plus touchant que les enfants pour des parents ? Quoi de plus inoffensif et angélique que des enfants ? Et bien les nazis n’en avaient rien à faire, ils les jugeaient comme leurs ainés. Ci-dessous des images choquantes de bébé et de jeunes enfants en sous-alimentation. Ils sont extrêmement affaiblis, après avoir puisés leurs ressources de survie dans la graisse puis les muscles, le corps a commencé à ronger les os.

Les rations ressemblaient à cela, un bout de pain pourri et de la soupe périmée, apportant maladies et fortes fièvres.

De nombreuses statues commémoratives sont disséminés dans le musée.

Comme les adultes, les enfants en capacité de subvenir aux besoins du camp étaient rasés et habillé de tenues rayés. On peut apercevoir sur ces clichés toute la détresse dans leur regard.

Ceux qui ne périssaient pas dans les chambres à gaz l’étaient dans cette petite allée situé entre deux bâtiments. Face à ce murs, d’innombrables détenus y ont été fusillé froidement. Les détenus présents dans les sous-sols pouvaient les entendre. Nous ne pouvons malheureusement pas vous proposer d’image car l’appareil photo y était interdit.

Dans des pièces étroites dont aucun rayon de soleil ne passait, les prisonniers étaient tellement nombreux qu’ils ne pouvaient ni s’asseoir ou s’allonger. La plupart d’entre eux suffoquaient car l’air ne passait que par des petits trous.

Dans le musée, les biens des déportés sont toujours intactes. Ils ont été entassés dans de larges vitrines. On peut apercevoir :

- Un bloc de 40 kilos de lunettes impossible à détacher.

- Les béquilles et jambes de bois des handicapés.

- Des valises avec des noms dessus car tout le monde pensait rester dans la « ville ». Cela permettait de retrouver ses vêtements et autre.

- Des chaussures.

- Tous les produits de beauté.

- Des boites de désinfectant utilisés par les nazis

- Un amas de cheveux se calculant en tonne.

La journée des collégiens s’est terminé face à ces vitrines interminables et le cœur brisé. Le voyage de la mémoire nous fait évoluer en tant qu’individu du monde et en tant qu’être humain. Nous gagnons des années de sagesse. A une époque où l’antisémitisme fait malheureusement son retour en hausse en France, ce genre d’initiative de monsieur Éric Goldinger et de son équipe est un signe fort. Personne ne doit oublier ce qui s’est passé pendant cinq ans à Auschwitz-Birkenau et dans l’Europe entière. N’oublions pas, n’oublions jamais.

Ahmed Lahmadi

Photos : Ahmed Lahmadi

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