Naissance d’un gouvernement anti-Europe en Italie

Le résultat électoral du 4 mars ne laissait présager rien de bon et , après deux mois d e tractations , le résultat le confirme : une coalition inédite, entre deux partis rivaux du point de vue électoral, , vient de se créer sous le titre pompeux du "gouvernement de changement" . Les soutiens de ces deux partis, les plus votés, parlent même de la naissance de la 3è République ! Les opposants et critiques , eux, préfèrent définir cette alliance incestueuse , même si légitime, de "facho-communiste". En fait, si la Lega de Matteo Salvini s'inspire des formations d'extrême-droite européennes, la nébuleuse du MV5, un parti qui revendique ne pas en être un, rassemble plutôt à l'ancien Parti Communiste, où la pratique d'organisation du "centralisme démocratique" , donnait les pleins pouvoir à un groupe dirigeant restreint. C'est le cas de ce inédit mouvement politique où la gouvernance est géré par un petit groupe de personnes qui manoeuvrent dans l'opacité la plus totale et décident de la vie interne grâce à la plateforme Rousseau ( un site d'information et échange) ! L'ancien steward du stade de football de Naples, Luigi Di Maio s'est vue attribuer le rôle de "chef politique" après une consultation interne à laquelle ont cliqué près de 37mille votants, la consultation pour l'approbation de l'accord avec la Lega par 45mille. C'est dire !!! Le "contrat de gouvernement" rédigé entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue promet davantage de fermeté contre la corruption, la délinquance et l'immigration. Dans le détail, le nouveau gouvernement doit mettre en place un nouveau système pour le calcul de l'âge de la retraite, créer un "revenu de citoyenneté", une "flat tax" et fixer une baisse de la fiscalité. Surtout, l'exécutif compte renvoyer quelque 500 000 migrants chez eux. Les experts ont chiffré le coût de son application à 170 milliards d'euros , entre moins de recettes fiscales et plus de dépenses publiques.

Si Salvini ni Di Maio pouvaient accepter que l’autre prenne le pouvoir en première personne, les deux compères ont trouvé l’accord sur le nom d’une personne "neutre" , même si c’est le MV5 qui l’a indiqué.

A 54 ans, Giuseppe Conte, avocat et professeur de droit administratif à l’Université de Florence, a été désigné, mercredi 23 mai, chef du gouvernement italien.

"Le président de la République, Sergio Mattarella, a reçu cet après-midi le professeur Giuseppe Conte, auquel il a donné le mandat pour former le gouvernement", a déclaré le secrétaire général de la présidence, suivant le protocole.

Giuseppe Conte va maintenant devoir composer son gouvernement, qui fait depuis des jours l’objet d’âpres négociations entre le M5S et la Ligue. Cette liste devra ensuite recevoir l’aval du président italien, puis le gouvernement ira prêter serment avant de se présenter devant la Chambre des députés et le Sénat pour obtenir leur confiance.

Le futur Président du Conseil des ministres - c’est le titre officiel- a vécu sa jeunesse à San Giovanni Rotondo ( dans les Pouilles) , pays de Padre Pio, le frère mineur capucin aux stigmates , qui jouit pendant sa vie d’une ferveur populaire et autant de suspicion des autorités vaticanes qui ont retardé sa béatification et canonisation - elle a eu lieu en 2002- après sa mort en 1968.

Il aura besoin de l’assistance spirituelle de ce saint "guérisseur" pour sa nouvelle tâche et de ...quelques miracles pour éviter au pays la cauchemar d’une grave crise et récession comme le laisse croire l’optimisme béat des deux actionnaires majoritaires de son gouvernement que les commentateurs politiques surnomment Pulcinella ( Luigi Di Maio) et El Tecoppa ( Matteo Salvini) , deux masques du théâtre populaire ( commedia dell’arte) , le premier napolitain, l’autre milanais.

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