Législatives : la droite menacée d’implosion ?

La nomination de Edouard Philippe , maire LR de Le Havre et juppeiste représentant de la droite modérée s’annonce comme un coup de tonnerre dans le camp de Les Républicains. La formation du premier gouvernement de la Présidence Macron devra transcender les partis politiques, de la gauche à la droite, en passant par le centre et la société civile. Que ce soit dans une logique d'ouverture ou de recomposition, le nouveau Président de la République Emmanuel Macron tente d’attirer une partie de la droite pour s’assurer une majorité parlementaire. Avec la gauche , le jeu lui a déjà réussi et le PS se retrouve divisé " in partes tres" comme écrivait Jules Cesar dans le "De bello gallico" en se référant à la Gaule : frondeurs de gauche, sociaux-démocrates post-hollandistes, sociaux-libéraux de Vals. Il lui reste de faire de même avec l'alliance LR/UDI. En fait, les Républicains qui visent une majorité parlementaire et une successive cohabitation sont acculés dans leurs contradictions et risquent de se séparer en deux groupes distincts dans la future Assemblée Nationale. Quant à l'UDI , ses élus diront oui à la meilleure offre en terme de convenance, parfois personnelle. François Baroin, la tête de liste de cette campagne qui pensait pouvoir représenter les deux "ailes", risque de voir son autorité compromise. Comment mener une campagne contre un gouvernement dont le Premier Ministre est issu de son propre camp et qui proposera des mesures qui ne sont pas loin des siennes ? Taper sur François Hollande était facile, là c'est un peu plus compliqué. D'ailleurs les deux autres partis de l'opposition se sont déjà emparé de la situation : le Front National a relancé le slogan "UMPS" , alors que le "comandante Méluche" se voit en lider maximo de l'opposition de gauche !

Cette situation se reflète au niveau territorial où on retrouve le même clivage qu’au niveau national entre les juppeiste-lemairistes et les soutiens de Wauquiez parmi lesquels on retrouve, en première file, Eric Ciotti.

@ECiotti : Je regrette qu’@EPhilippe_LH troque ses convictions et participe à l’opération de déstabilisation de la droite et du centre menée par Macron

Notre famille pol ne sacrifiera jamais ses convictions pour être dans l’air du temps. Cap sur les #legislatives2017 avec @francoisbaroin !

Avant de stigmatiser le choix d’Emmanuel Macron : "Les Français réclament plus que jamais de la clarté et de l’efficacité pour lutter contre le terrorisme islamiste, résorber le chômage et l’insécurité. Emmanuel Macron préfère les débauchages politiciens dignes de la IVe République. Il veut prendre l’apparence de la modernité mais recycle les vieilles méthodes politiciennes. Ce débauchage n’est qu’une manœuvre."

Une musique totalement opposé vient de Christian Estrosi , auteur d’une campagne pro-Macron au deuxième tour de grande intensité.

@cestrosi : Bonne chance à @EPhilippe_LH. Je compte sur lui pour mettre en œuvre nos valeurs et nos idées. #PremierMinistre #Matignon

Christian Estrosi fait d’ailleurs partie de la vingtaine d’élus LR signataires d’un appel à leur parti. "Nos familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le Président de la République."

Ce texte évoque "un acte politique de portée considérable".

"La droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s’opère sous ses yeux. Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français".

L’opposition manifeste entre les deux hommes forts de la droite azuréenne rendra inévitable un moment de clarification générale et le choix des alliances de la part des élus locaux qui aujourd’hui jonglent entre les deux en disant ,à l’un et à l’autre, qu’ils sont de son côté.

Tout ça n’est pas sain...

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