Mouvements populistes en Europe : Ce que 2017 nous a appris et ce que 2018 nous réserve

L’année 2017 devait être marquée par la victoire écrasante des partis populistes dans toute l’Europe mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Connaîtrons-nous le même scénario en 2018 ? Il est fort probable que non.

Alors que 2016 était l’année où le populisme a créé la surprise, 2017 s’annonçait comme l’année de la victoire populiste.

Tous les yeux étaient rivés sur les "populistes" avec les élections prévues en Autriche, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, pour ne nommer que les pays les plus importants. Ces populistes sont issus de l’extrême droite dans la majorité des pays.

Le discours dominant sur un populisme audacieux, victorieux face au statu quo défendu bec et ongles par une caste, a surfé d’abord sur la vague des élections législatives aux Pays-Bas en mars. Le Premier ministre Mark Rutte en est sorti vainqueur au niveau politique, bien qu’il ait perdu au niveau électoral, en ayant adopté le discours et une partie du programme du Parti pour la liberté. Rutte a déclaré que son "bon populisme" avait battu le "mauvais populisme" de Wilders et les médias internationaux ont relayé ses propos.

Néanmoins, ce sont les élections présidentielles françaises du mois suivant qui ont constitué le vrai test pour le discours dominant, puisqu’ elles étaient le seul scrutin de l’année où le candidat ayant remporté l’élection devait rafler toute la mise. Marine Le Pen caracolait en tête des sondages des politiques les plus populaires en France au cours des années précédentes.

En fin de compte, elle a enregistré des scores en-deçà des attentes aux deux tours, en partie en raison de sa campagne décevante et de sa prestation désastreuse lors du débat télévisé où elle a été littéralement terrassée par Emmanuel Macron, la nouvelle star de la politique européenne. Celui-ci a également dominé les législatives dans la foulée.

Les élections législatives allemandes de septembre qui ont suivi symbolisaient l’instant de vérité pour le "populisme". Merkel allait-elle triompher en assénant le coup fatal au populisme ou le parti populiste d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) allait-elle mettre fin à ses douze ans de règne en tant que chancelière ?

L’AfD a réalisé le deuxième meilleur score pour un troisième parti dans l’histoire récente, mais Merkel et son parti, la CDU/CSU, restant de loin le premier parti sur la scène politique allemande.

Les Autrichiens ont tenu des élections législatives à peine quelques semaines plus tard.

Sebastian Kurz, le jeune ministre autrichien des Affaires étrangères était le grand vainqueur de ces élections car il a réussi à transformer son parti conservateur ÖVP en un véhicule politique personnifié, similaire d’une certaine façon à la méthode Macron en France.

D’un autre côté, il avait gagné en reprenant la stratégie du "bon populisme" employée par Rutte aux Pays-Bas, en faisant campagne sur sa réaction autoritaire et nativiste face à la prétendue crise des migrants. Mais Kurtz était en totale contradiction avec les autres pays qui avaient tous ostracisé la droite radicale populiste, en invitant le FPÖ au gouvernement.

Cela nous amène à 2018, une année au cours de laquelle beaucoup de pays européens dont les partis populistes sont puissants et très ancrés, y compris la Hongrie et l’Italie, iront aux urnes. A quoi peut-on s’attendre, en tirant les leçons de 2017 ?

Premièrement, aucune généralisation n’est possible, étant donné que l’Europe est un continent et non un pays. Les élections nationales sont en premier lieu nationales ! Donc le scrutin hongrois dépendra de facteurs hongrois comme par exemple la division interne de l’opposition et les élections italiennes seront influencées par ce qui se passe du côté de la péninsule, de Syracuse à Venise, notamment sur la question brûlante des réfugiés.

Deuxièmement, le populisme continuera à jouer un rôle important lors des élections européennes et plus particulièrement dans les régions où les partis populistes étaient déjà influents il y a dix ans.

Troisièmement, quels que soient les résultats effectifs des partis populistes, ils seront rapportés de manière disproportionnée par les médias internationaux.

source : VoxEurop

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