Qui , sinon Macron ?

Avec quatre candidats pour deux places, le niveau d’incertitude pour ces élections présidentielles est inédit. Et, qu’on le veuille ou non, le vote utile va jouer à plein en condamnant définitivement Benoît Hamon le vainqueur de la primaire qui a commis l’irréparable erreur de négocier avec ceux qui n’ont pas participé à la primaire au détriment de ceux qu’il avait battu dans la compétition commune.

Reste donc quatre candidats parmi lesquels il faut choisir dès le premier tour. Pour ma part, comme pour une très grande majorité de radicaux de gauche 06 et PACA (à l’exception de quelques copains encore sur la base d’un vote Hamon au nom de la parole donnée, d’anciens Vallsistes pour la plupart), ce choix n’en est pas vraiment un.

Pas question de voter Le Pen, cette représentante de l’extrême droite xénophobe et antisémite, anti européenne hystérique, qui méprise la justice de son pays.

Pas question de voter Fillon, le candidat de la Manif pour tous qui programme la destruction de notre modèle social par une saignée mortelle dans la fonction publique et une remise en cause de notre sécurité sociale. Un candidat qui ne pourrait être qu’un président discrédité par ses mensonges et son éthique flageolante.

Pas question de voter Mélenchon qui a pour objectif de dynamiter l’Europe (même Hamon le dit) au profit d’improbables alliances anti-OTAN avec Cuba, le Venezuela de son modèle Chavez et... l’Iran. Sans parler de son pacifisme angélique en pleine guerre contre le totalitarisme islamique. Mélenchon, c’est aussi et surtout un programme économique qui est un empilage invraisemblable de mesures sociales certes séduisantes mais au coût prohibitif (208 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires, 85 milliards d’impôts supplémentaires). A propos de ces mesures, Hamon là encore est critique, parlant de "fables" et de contes pour enfants. Mélenchon, c’est aussi des alliés encombrants en matière de lutte contre le communautarisme et un programme constitutionnel qui, avec les meilleures raisons du monde, risque d’institutionnaliser le populisme.

Reste Macron, le seul candidat vraiment européen du quatuor et qui prône un modèle social proche de celui de la CFDT, le premier syndicat du pays, tout en ayant un regard apaisé sur la société française.

Bien sûr, pas question d’accorder un chèque en blanc au futur président. Ainsi la question des alliances en vue de législatives cruciales si on veut éviter une cohabitation paralysante sera très importante. Sur le fond, je serai pour ma part très vigilant sur la question de la lutte contre le communautarisme qui n’est pas un point fort du programme du candidat Macron. Je serai également très attentif à la volonté politique de faire émerger un projet social-démocrate avec un véritable équilibre entre l’économique et le social.

Mais chaque chose en son temps : après l’élection, la vie politique continuera avec ses débats, ses mobilisations et ses négociations. Un contexte où la gauche protestataire (Mélenchon, Hamon, Montebourg...) et la gauche anti communautariste (Valls) retrouveront force et vigueur dans le nécessaire débat démocratique.

par Patrick Mottard

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