Saint -Martin-Vésubie reconnue « Commune membre des Villes et Villages des Justes de France »

Ce dimanche , SaintMartin-Vésubie sera reconnue « Commune membre des Villes et Villages des Justes de France ».

Le dévoilement des stèles en hommage aux Justes parmi les nations de la Vésubie et aux réfugiés juifs déportés en 1943, sera effectué par le député Eric Ciotti, Président du Département des Alpes Maritimes,, Daniel Wancier, Président de Yad Vashem Nice-Côte D’Azur, et Henri Giuge Maire de Saint-Martin-Vésubie, en présence de M. Pierre-François Veil, fils de Simone Veil.

Cette cérémonie sera l’occasion de dévoiler l’histoire peu connue de Saint-Martin-Vésubie qui avait été désignée par le gouvernement de Vichy comme l’une des localités maralpines devant héberger des juifs étrangers assignés à résidence.

Le village accueillit ainsi, en 1943, trois cents familles juives, pour la plupart originaires d’Europe centrale et orientale ; sous la protection des villageois et des soldats italiens, ils y vécurent une période de paix et de sérénité, pouvant pratiquer leur culte, envoyer les enfants à l’école, se retrouver dans le village.

Le 8 septembre 1943, la capitulation italienne mit un terme brutal à cette parenthèse heureuse. Guidée par des habitants du village, la plupart des familles s’enfuirent vers l’Italie par les cols de Cerise et de Fenestre. Certains, restés au village, furent arrêtés par les allemands, malgré la solidarité manifestée par les habitants pour les sauver.

Ceux qui, malgré les éprouvantes difficultés liées à la marche en montagne, ont pu arriver en Italie, étaient attendus par les Allemands à Borgo San Dalmazzo. 328 furent arrêtés et déportés à Auschwitz et seulement 12 survécurent à l’Holocauste.

La reconnaissance des juifs sauvés s’est prolongée dans le temps et leurs témoignages a permis au Comité Yad Vashem de reconnaître Saint-Martin-Vésubie comme commune des Justes parmi les Nations et à nombre de ses habitants d’obtenir ce titre.

Désormais, à côté de la stèle rappelant cet épisode de l’histoire de la commune, seront dévoilées celle portant les noms des Justes et celle portant les noms des déportés qui ne sont jamais revenus des camps de la mort et n’ont jamais eu de sépulture.

Lors de cette cérémonie, l’écrivain Laurent Seksik lira des textes d’Etoile errante de Jean-Marie Gustave Le Clézio, émouvant récit qui rendit public cet épisode alors peu connu de l’histoire de Saint-Martin-Vésubie.

Les enfants de l’école du village, du collège de Roquebillière et de l’école Or Torah de Nice égrèneront les noms des Justes et des déportés juifs gravés sur les stèles. Cette lecture sera accompagnée par de la musique, jouée par un violoniste de talent, Yogan, qui interprètera notamment le « Kaddish » de Maurice Ravel.

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