Le Musée National du Sport présente l’exposition "Jeux Olympiques" de Raymond Depardon

Le Musée National du Sport à Nice Saint-Isidore, expose l’un des plus grands photographes français, Raymond Depardon.

Composée de 138 photographies en noir et blanc, l’exposition « Jeux Olympiques » de Raymond Depardon est présentée dans une scénographie nouvelle et originale au Musée National du Sport. Complétée notamment par une médiation proposant d’analyser « l’œil du photographe » à l’aide d’archives, de sons et d’appareils d’époque, elle retrace cet itinéraire hors du commun d’un photographe surdoué pour qui « le sport est peut-être la spécialité qui apprend le mieux à bien “voir” ».

Scindé en six zones, l’exposition Jeux Olympiques, qui s’étend sur près de 500 m2 de surface, retrace chronologiquement les Olympiades couvertes, en tant que photo-reporter, par Raymond Depardon.

Tokyo 1964

L’Asie a ses premiers Jeux Olympiques. Un honneur pour le Japon qui devait les organiser en 1940. La mémoire de la guerre est encore présente. La flamme olympique est portée par un athlète né le 6 août 1945 à Hiroshima, rappelant le jour, l’année et le lieu où l’armée américaine lâche la première bombe atomique. Le Japon célèbre le sport et livre au monde l’image d’un pays à la fois traditionnel et moderne. C’est un succès planétaire relayé par les premières retransmissions télévisées.

« Cette première expérience a été pour moi, jeune photographe, qui découvrait beaucoup de choses à la fois, une sorte de séance d’entraînement ».
Raymond Depardon, 2012

Grenoble 1968

Quarante-quatre ans après les premiers Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix, la France organise à nouveau une olympiade d’hiver. Le pays est marqué par un souffle de grandeur et de modernité. La classe politique comprend l’intérêt de ces Jeux. Ils deviennent l’occasion de réaliser d’importants aménagements sportifs et de promouvoir les stations de ski. Joie et fierté sont au rendez-vous. JeanClaude Killy et Marielle Goitschel captent toute l’attention : l’un remporte trois médailles d’or et l’autre triomphe au slalom.

« Les politiques sont venus, de Gaulle a inauguré les Jeux Olympiques, et Mendès-France est arrivé. (...) Sur cette photo, il porte un curieux bonnet. Pas de Gore-Tex à l’époque, des anoraks gris, noirs, sûrement pas chauds, tristes, qui rappellent la sortie de la guerre. N’empêche. Tout allait bien, juste trois mois avant que ça pète. » Raymond Depardon, 2008

Mexico 1968

L’ère est à la contestation. Dans plusieurs pays (France, États-Unis, Sénégal...), des étudiants manifestent. Mexico est touchée. Dix jours avant le début des Jeux, une sanglante répression de l’armée provoque des centaines de morts. Et le sport ? Ce sont les Jeux des exploits inédits. Bob Beamon améliore de 55 cm le record mondial de saut en longueur ! Dick Fosbury s’impose au saut en hauteur grâce à sa technique révolutionnaire. Le sport devient tribune de revendication et la photo, un témoin de l’histoire.

« Ce furent pour moi les plus beaux Jeux que j’ai couverts. Il y avait une sensation inouïe de fête permanente, grâce au peuple mexicain, mais aussi une situation politique omniprésente… ».
Raymond Depardon, 2012

Munich 1972

Le monde est en émoi. Dans la nuit du 5 septembre, des terroristes palestiniens s’introduisent dans le village olympique et prennent en otage athlètes et entraineurs israéliens. La fin est terrible : les onze otages et cinq de leurs ravisseurs sont tués. Côté sport, les performances évoluent : en natation, Mark Spitz remporte sept médailles d’or accompagnées de sept records du monde, et le Soviétique Valeri Borzov bat les Américains au sprint (100 et 200 m). L’économie des Jeux prend son essor avec l’apparition de la première mascotte officielle : Waldi le teckel.

« A la tombée de la nuit, le commando et les otages prennent un autobus…Un athlète israélien se retourne vers nous, je vois son visage dans le viseur, il est loin mais je me souviens bien de son regard. »
Raymond Depardon, 2004

Montréal 1976

Première à obtenir la note maximale dans sept épreuves, la gymnaste roumaine Nadia Comãneci est la reine des Jeux. D’autres athlètes s’illustrent aussi. Guy Drut devient le premier champion olympique de 110 m haies non américain. Alberto Juantorena réalise le premier doublé 400 et 800 m. Par ailleurs, l’Afrique agit. 22 nations boycottent l’événement en raison de la présence de la Nouvelle-Zélande, accusée d’avoir accepté une rencontre de rugby en Afrique du sud, pays de la ségrégation raciale.

« J’arrive d’un séjour de huit mois au nord du Tchad pour l’affaire Françoise Claustre, qui est toujours détenue. Amaigri, je pèse 58 kg. Je suis content de me changer les idées en photographiant du sport, ce qui n’a vraiment rien à voir avec le désert. »
Raymond Depardon, 2004

Moscou 1990

Les relations tendues entre les deux grandes puissances, États-Unis et URSS, influent sur ces Jeux, et l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques provoque leur boycott par les Américains et d’autres pays alliés. 81 délégations sont présentes à Moscou, soit le plus faible total depuis 1956. De l’événement sportif, on gardera en mémoire les performances des Français à l’escrime et au judo ainsi que l’épique duel des Britanniques Coe et Ovett aux 800 et 1500 m. Finalement, les Soviétiques remportent 195 médailles dont 80 en or !

« Je décide moi aussi de boycotter ces Jeux et de rentrer à Paris... L’agence Magnum qui diffuse mes photographies ne veut plus de photographies en noir et blanc ; ils ne veulent que des photographies couleur. Tant pis pour moi, cela ne m’intéresse pas. C’est la fin de mon aventure olympique ». Raymond Depardon, 2012

Un espace de méditation est intégré à cette exposition. Au coeur de l’exposition, il permettra d’analyser "l’oeil du photographe" à l’aide d’objets, d’anecdotes, d’archives et d’explications de photographies.

Un vernissage ouvert au public avait lieu hier soir. L’exposition débute dès aujourd’hui, et ce, jusqu’au 17 février 2019 au Musée National du Sport - Stade Allianz Riviera, Boulevard des Jardiniers, 06200 Nice.

- Du 19 octobre au 17 février
- Entrée gratuite pour les moins de 18 ans
- Tarif plein : 6 € / Tarif réduit : 3 €
- Visites guidées et ateliers en famille proposés durant l’exposition

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Jane Doe

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