Box-office : Ce qui nous lie de Cédric Klapisch

Sur une trame classique, Cédric Klapisch nous sert une excellente cuvée après des millésimes plus faibles. Vingt ans après Un air de famille, adapté de la pièce d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre ­Bacri, il revient aux liens familiaux avec ce regard subtil sur une génération, empreint d’humour et de nostalgie, qui a fait de lui un réalisateur emblématique. Une mise en scène émaillée d’élégantes trouvailles sait aussi souligner avec malice l’humour d’une situation. le film fourmille de scènes hilarantes, délicieux contrepoints à la mélancolie d’une enfance qui s’enfuit.

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. Fils de vigneron, Jean a eu envie de prendre le large. Il a pris son baluchon et a parcouru la planète, sans donner de nouvelles à sa soeur Juliette et son frère Jérémie pendant plus de quatre ans.

En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Si Juliette est contente de le revoir et bien décidée à ne pas le laisser repartir, Jérémie a du mal à accepter le retour du fils prodigue.

Leur père meurt juste avant le début des vendanges. Pour Jean, c’est l’heure du choix : celui de s’investir ou non dans l’exploitation et surtout renouer les liens entre lui, Juliette et Jérémie...

En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

Mais la vigne et le vin bio, qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une fiction aussi bien documentée, intéressent moins le réalisateur que les relations humaines.

« L’amour, c’est comme le vin, il faut du temps. Ça doit fermenter. Et ce n’est pas toujours pourri au final », philoso­phe-t-on au caveau.

Le cinéaste embrasse ces questionnements avec une réelle finesse et des personnages terriblement attachants qu’incarnent Pio Marmaï (Jean), Ana Girardot (Juliette) et François Civil (Jérémie), lumineux et formidables de justesse.

Réalisateur jusqu’alors urbain, Cédric Klapisch sublime la campagne bourguignonne avec une image qui capte superbement ces quatre saisons.

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message