Les Chroniques cannoises de Patrick Mottard : Hétéro ou Homo, l’amour …c’est compliqué !

L’amour était le thème des deux films de la compétition du jour. Version hétérosexuelle pour le Polonais Pawlikowski, homosexuelle pour le français Honoré. Mais dans les deux cas, comme on dit sur les réseaux sociaux... c’est compliqué !

ZIMNA WOJNA (Cold War- Guerre froide ), Pawel Pawlikowski (Pologne)

Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris des années 50, un musicien épris de liberté qui est passé à l’ouest vit une histoire d’amour impossible avec une jeune chanteuse ambitieuse qui, elle, est restée à Varsovie.

Très vite on se rend compte que si la période n’est en effet pas très favorable aux amours est-ouest, c’est surtout par leur incapacité à surmonter l’incommunicabilité de leur couple que Zula et Wiktor condamnent celui-ci. Zimna wojna vous l’avez compris c’est un peu Antonioni chez les polaks ! Tant qu’il y a des rideaux de fer à surmonter l’amour semble possible mais quand on est face à face il n’y a plus rien. Ce beau film en noir et blanc (très à la mode cette année à Cannes) - où on aperçoit la sublime Jeanne Balibar le temps d’une petite scène savoureuse - s’inscrit dans la lignée de L’Avventura ou de La Notte. En plus slave.

PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE Christophe Honoré (France)

Chaque année, c’est devenu une habitude, le Festival présente un film sur les années Sida vu à travers le prisme de la communauté homosexuelle. Nous sommes en 1990, l’étudiant Arthur rencontre Jacques un écrivain de 15 ans son ainé. Une histoire d’amour se noue avec difficulté entre les deux hommes alors même que pointe à l’horizon le spectre de la maladie de l’aîné.

Le film de Christophe Honoré est un peu le complément de 50 battements par minute présenté ici même l’an dernier. Arthur, Jacques et leurs amis ne sont pas des militants (l’un d’entre eux s’étonne même qu’on puisse aller à une réunion d’Act Up). Ce sont des hommes d’une sorte de société civile homosexuelle qui vivent plutôt mal la menace de la maladie tout en l’acceptant presque avec résignation.

Dans la dernière partie du film, le jeune Arthur, par son aplomb, son absence de complexes et sa générosité, semble toutefois incarner une nouvelle génération qui pourra aborder l’avenir avec plus d’espoir.

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