Les 9è Rencontres du Cinéma Italien : "Una questione privata" de Paolo et Emilio Taviani"

Les 9è Rencontres du Cinéma italien ,organisée au cinéma Rialto, ont présenté dix films dont certains n'ont pas encore été diffusés dans les salles françaises. Au terme de cette manifestation, nous vous présentons nos trois coups de coeur.

Eté 43, Piémont. Milton aime Fulvia qui joue avec son amour : elle aime surtout la profondeur de sa pensée et les lettres qu’il lui écrit. Un an plus tard, Milton est entré dans la Résistance et se bat aux côtés d’autres partisans. Au détour d’une conversation, il apprend que Fulvia aimait en secret son ami Giorgio, partisan lui aussi. Milton se lance alors à la recherche de Giorgio, dans les collines des Langhes enveloppées de brouillard… Mais Giorgio vient d’être arrêté par les Fascistes.

Adapté du livre éponyme de Beppe Fenoglio, "Una questione Privata" se déroule dans le Piémont, mais a été tourné dans la Val Maira, à 2.300 mètres d’altitude.

Voici le dernier film qu’auront réalisé ensemble les Taviani, séparés le 15 avril dernier par la mort de Vittorio, à l’âge de 88 ans.

Ce qui n’a pas empêché ces deux inséparables - qui en 1977 se comparaient au café au lait : "Impossible de dire où finit le café et où commence le lait" - de travailler étroitement ensemble jusqu’à la fin du tournage.

Le film se déroule en 1943, dans les montagnes du Nord de l’Italie. Milton (Luca Marinelli), un étudiant rêveur et passionné, aime Fulvia, une belle et capricieuse jeune femme. qui joue avec son amour : elle aime surtout la profondeur de sa pensée et les lettres qu’il lui écrit.

Un an plus tard, Milton est entré dans la Résistance et se bat aux côtés d’autres partisans contre les fascistes. Au détour d’une conversation, il apprend que Fulvia aimait en secret son ami Giorgio, partisan lui aussi. Milton se lance alors à la recherche de Giorgio, dans les collines des Langhes enveloppées de brouillard… Mais Giorgio vient d’être arrêté par les fascistes.

Une précieuse incertitude plane sur Una questione privata et ses beaux paysages du Piémont, recouverts par le brouil­lard…

Milton cherche des prisonniers fascistes, pour le sauver en l’échangeant . Et lui demander des comptes : entre ces Jules et Jim italiens il y a la belle Fulvia...

Cette atmosphère fantomatique rend particulièrement émouvant ce film, hanté par l’éloignement, des jours heureux com­me des êtres aimés. A travers Milton, l’amoureux déboussolé qui traverse la guerre en aveugle, les cinéastes disent, avec délicatesse, le danger de l’errance, de la confusion, de l’irréalisme.

Et, par con­traste, l’importance de l’engagement, du combat, avec des scènes fortes : un adolescent fusillé par les fascistes, une fillette blottie contre le cadavre de sa mère, massacrée avec sa famille.

Dans un monde et une Italie désillusionnés, les réalisateurs de La Nuit de San Lorenzo (1982) réaffirment l’importance de l’idéal démocratique. Qu’ils offrent au jeune Milton afin qu’il poursuive sa route. Une leçon de vie belle comme l’espoir.

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