Ouverture du Festival : Mauriac ne supporte pas la sangria

Le 71e Festival de Cannes (l'indicatif de la Saône-et-Loire) s'est offert une superbe affiche. La photo du baiser de Jean-Paul Belmondo et Anna Karina extraite de Pierrot le Fou sous le soleil généreux de ce premier jour de Festival éclaboussait de Technicolor la façade austère du Palais.

Un premier jour de Festival, c’est entre autre retrouver quelques copains cinéphiles et quelques étudiants bossant dans l’organisation, prendre le premier café sous la rotonde du Bunker tout en feuilletant avec excitation le programme des sélections, faire un tour au Marché du Film pour vérifier que les films de vampires coréens sont toujours en concurrence avec les japonais violents, les turcs de charme ou les indiens sirupeux... C’est littéralement reprendre possession des lieux.

Pourtant c’est avec un certain esprit de contradiction (et d’esprit pratique) que nous avons vu le film d’ouverture... à Nice.

Everybody knows (Todos lo saben) Asghar Farhadi (France-Espagne).

À l’occasion d’un mariage dans un village espagnol situé au milieu d’un vignoble, une adolescente est enlevée (étrange coïncidence avec un fait divers tragique et récent). Ce drame va être le révélateur des lourds secrets de la famille de la mariée. Il va faire ressurgir un passé longtemps enfoui. Les secrets de famille, la terre, les vignobles : on pense à Mauriac.

Mais n’est pas Mauriac qui veut (ni Carlos Saura d’ailleurs !) même si le réalisateur iranien Asghar Farhadi filme avec conviction cette histoire qui ne décolle jamais et qui se révèle banale et sans surprise. La distribution Spanish haut-de-gamme (Pénélope Cruz pleurnicharde et Javier Bardem aux abonnés absents) elle-même est loin d’être un atout. En fait, nous sommes d’autant plus sévères que nous avions beaucoup aimé les deux derniers films du réalisateur, Le passé et Le client.

par Patrick Mottard

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message