Festival de Cannes : Woody Allen ouvre le bal

Fidèle à son habitude et au Festival de Cannes, Patrick Mottard nous livrera son regard sur cette édition 2016 qui vient d'ouvrir les festivités avec une première journée, la traditionnelle cérémonie d'ouverture et la première projection...

La première journée du Festival de Cannes a toujours l’atmosphère un peu studieuse d’une rentrée des classes. En effet, il faut récupérer la précieuse accréditation, le « cartable » traditionnellement offert par l’organisation, les premières invitations…

C’est aussi le jour où l’on fait connaissance avec l’affiche de l’année qui ne va plus nous quitter pendant dix jours. En 2016, c’est une mystérieuse photo tout en jaune (Palme d’Or ?) extraite du mythique film de Godard, Le mépris.

On fait aussi un petit tour au Marché du Film pour juger de la vitalité du cinéma guatémaltèque ou estonien ; on croise les premiers habitués avec qui, année après année, on a tissé quelques mailles de complicité cinéphilique.

Pour ma part, ce premier tour d’horizon me permet d’identifier ceux de mes étudiants qui ont réussi à décrocher un petit job dans l’organisation.

Mais c’est aussi, bien évidemment, le jour du film d’ouverture. Et quand, comme cette année, c’est Woody Allen qui ouvre le bal, c’est forcément fête !

Cafe Society, Woody Allen, USA (Hors compétition)

Dans les années 1930, Bobby Dorfman (Jesse Eisenberg), jeune juif new-yorkais, va tenter sa chance à Hollywood auprès de son oncle Phil (Steve Carell), puissant agent de stars. Il rencontre l’amour avec la belle Vonnie (Kristen Stewart), mais celle-ci n’étant pas libre, il rentre dépité à New York où il ouvre, avec son voyou de frère aîné (Corey Stoll), le « Cafe Society ».

Quelques décennies après Annie Hall, Woody Allen nous offre à nouveau un film sur l’opposition côte Est/côte Ouest, New York/Los Angeles. Non sans mauvaise foi quand il nous laisse supposer qu’à tout prendre la cruauté des mafieux new-yorkais est moins grave que la vulgarité des milieux du cinéma californien.

Peu importe car cette opposition n’est finalement que la toile de fond d’une belle, émouvante et complexe histoire d’amour. Avec, comme toujours chez Woody, une pincée d’humour juif (une mère juive apprend simultanément que son fils est un meurtrier condamné à la chaise électrique et qu’il s’est converti au christianisme : elle se demande quelle est la pire de ces nouvelles !), une bande-son jazz impeccable et une petite promenade romantique à Central Park.

Woody, une fois de plus, nous explique que le doux-amer de la réalité ne doit pas nous empêcher de rêver. Qu’en ce début de Festival, il en soit remercié.

par Patrick Mottard

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