Joe Satriani donne à la guitare une autre raison d’être

Les bras tendus vers le ciel comme implorant le dieu du temps pour qu’il accède enfin à sa demande en stoppant cette terrible attente, le public Berlugan d’un soir criait à pleins poumons le prénom de celui qui arriva l’instant d’après arborant un large sourire.

Du haut de son « 1m60 », le géant s’avance vers le bord de scène dans une clameur que même Nice a dû entendre. La magie n’en était qu’à ses prémices car dès le premier son, les visages s’illuminèrent. Des sourires navquirent de part en part du jardin, quelque soit le visage entrant dans son champ de mire, en face, sur les côtés ou perchés dans les oliviers..

Ni la dextérité, ni l’aisance ne pourrait qualifier son jeu naturellement fluide.

Joe Satriani joue de la guitare comme d’autre respirent ou marchent et ce n’est pas un scoop.
Cet état de fait ne pourrait en aucun cas suffir à faire de lui un monstre sacré mais une véritable bête de scène.

Ce génie maîtrise le langage universel des accords. Il substitue parfaitement au vocable et au son de sa voix, six cordes et un médiateur.
Il n’est point de barrière entre ceux qui s’émeuvent au gré des partitions.

Il s’amuse, se ballade et swingue, il plaisante et existe. Personne ne pourra dire au final qui a pris le plus de plaisir.
L’émotion a circulé tout au long du concert.
Il parle deux mots de Français déclenchant un lâcher de hurlements, puis annonce un titre issu de son dernier album « super colossal ».
Les sourcils se froncent, les uns étudient, les autres se concentrent et fatalement adhèrent finissant même par battre la mesure. Le maître sourit, tout s’est très bien passé.
Difficile de ne pas trouver sa place dans un univers aussi vaste que le sien.

Nice Première n’aura pas plus d’interview que les fans un autographe. Joe Satriani est, nous dit-on, très timide. Personne au cours de la journée n’a pu s’en approcher, et puis il joue le lendemain. Il part en courant, pratique d’un autre âge depuis longtemps révolu en France. Nous n’aurons pas pu recueillir ses émotions, peut être valait-il mieux. Que le meilleur perdure dans les souvenirs d’un soir.

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