Café littéraire : De l’or et des épices de Jean Favier

Le sous-titre : ‘Naissance de l’homme d’affaires au Moyen-Age’ est plus explicite sur la nature de cet ouvrage. Jean Favier nous évoque les grandes foires, les grands centres économiques, là où les décisions se prenaient. Un peu notre Europe actuelle avant la lettre.

Si l’autorité est à cette époque le fait du prince, ce même prince est tributaire de l’économie, de l’argent (nerf de la guerre). Ainsi Florence est le centre économique de l’Occident. Les florentins commercent avec le monde connu. D’autres régions : la Hanse, l’Angleterre émergeant, le roi de France organise son royaume autour de Paris, ont elles aussi des pôles économiques d’où se développe leur essor.

Le cœur de la vie économique, du commerce se trouve à cette époque à Florence, Venise et Gènes. On l’aura compris les échanges sont maritimes essentiellement. C’est là tout l’intérêt de ce livre.

L’auteur nous montre la naissance de la banque, du crédit, de la lettre de change, d’un capitalisme balbutiant et de l’assurance. Le tout est compliqué dans cette Europe sous la tutelle des Papes par l’interdiction de l’usure, du prêt à intérêt. Le Pape lui-même par son pouvoir temporel est un agent économique. Il lui faut biaiser et des astuces vont permettre la naissance du loyer de l’argent.

Cet ouvrage est un outil précieux pour mieux comprendre cette période du moyen-âge imagé par un long sommeil, alors qu’il n’en n’est rien, le moyen-âge, surtout en Italie est au contraire très actif avec les commerçants, hommes d’affaires florentins, génois et vénitiens.

Une période de mûrissement des idées dont sera issue plus tard la renaissance.

Thierry Jan

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message