Café littéraire : Homo Deus de Yuval Noah Harari

Dans la conclusion de son épais ouvrage, l’auteur évoque la censure des siècles passés, jadis on bloquait l’information, aujourd’hui au XXI° siècle, on inonde les gens d’informations dont bien souvent, elles sont bien inutiles et peu pertinentes. Ainsi en noyant le public de scoops, on tue l’information.

C’est un parfait résumé de son livre où Yuval Noah Harari développe sa thèse de la mutation de l’être humain de l’homo Sapiens à l’Homo Deus. Pour faire simple, il déifie l’homme, un homme devenant immortel, un homme plus fort que Faust. Dieu est mort nous dit-il, soit, mais la nature ayant horreur du vide, il faut bien remplacer Dieu.

Là d’entrée il se trompe de dimension en portant son analyse sur le plan économique. La consommation devenant le moteur du progrès, elle ne peut ni s’arrêter, ni se ralentir mais au contraire elle s’accélère. Si les développements récents des progrès, notamment en médecine et électronique, semblent lui donner raison, il oubli la dimension humaine, l’échelle de l’homme.

C’est vrai dans son schéma, il le déifie, mais cet homme est-il heureux ? Là une autre question, hors sujet de sa thèse. Homo Deus est un livre très intéressant sur un plan historique, son analyse de l’évolution de l’humanité est très pertinente.

Nous lui ferons un seul reproche : Yuval Noah Harari se place à contre-courant des aspirations de la société, laquelle semble vouloir autre chose que la société de consommation capitaliste. Certes, d’une certaine façon, il la dénonce tout en décrivant la nécessaire poursuite consumériste pour éviter l’arrêt des progrès de la science.

Doit-on sacrifier le bonheur humain à la bourse, la banque et les actionnaires ? C’est là son erreur, celle de raisonner sur un plan matérialiste et donc de ne pouvoir envisager une conscience spirituelle de l’homme.

Ce livre mérite d’être lu, il pose beaucoup de questions et fait surtout prendre conscience du caractère inquisiteur des nouvelles sources d’informations. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt ou si on préfère : l’abus d’informations tue l’information.

par Thierry Jan

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