Café littéraire : Isabelle ou le crépuscule des guanches de Yves Jacob

Nous sommes en 1402, la terre est, on le sait plate. Au-delà du grand horizon, c’est le vide, le néant, on y choit. Il faudra attendre la fin du XV° siècle pour découvrir… Mais n’anticipons pas.

Nous sommes en 1402, les Normands et les Gascons partent à la conquête des îles Canaries. Isabelle ou le crépuscule des Guanches est le récit de cette conquête où les occidentaux vont se révéler cruels et cupides. Ces îles peuplées par une population pacifique sont conquissent pour les évangéliser.

Puis les rivalités entre Normands et Gascons vont amener des trahisons dont les Guanches population d’origine de ces îles, seront les premières victimes avec leur capture pour être vendu en Espagne au marché aux esclaves. Yves Jacob nous entraine dans un roman où l’amour a sa place et hélas aussi la violence et l’intolérance. Une plaidoirie contre le colonialisme et le racisme ? Pas vraiment, son récit va au-delà, finalement c’est pire.

Les Guanches bien que chez eux, n’ont aucun droit, à peine sont-ils tolérés par ces envahisseurs venus du septentrion. On veut les baptiser, en faire des chrétiens, le motif est louable, sauf qu’il ne sert que de prétexte.

Isabelle l’héroïne de ce roman est Guanche, elle fut capturée, esclave, elle a retrouvé sa liberté en devenant interprète entre son peuple et les envahisseurs. Elle est à elle seule toute l’histoire. Un livre magnifique, une aventure maritime, exotique, surtout un témoignage sur ce peuple dont on a effacé les traces, la mémoire et dont il ne reste rien, sinon ce livre.

Thierry Jan

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