Massive Attack à Juan les Pins

Autant dire qu'il valait mieux être motivé pour aller aux nuits de Juan dimanche dernier. Quand on aime on ne compte pas devaient se dire les 4000 personnes tenaces qui après avoir passé le long cheminement des embouteillages ont repris leur tour dans les files d'attentes particulièrement longues.

JPEG - 20.8 ko
Un coup de coeur pour le batteur de Neïmo

Les notes de la première partie sonnent alors qu’une grande partie du public est encore dehors. Les remarques vont bon train sur l’organisation qui n’anticipent pas l’affluence humaine. Nous apprendrons plus tard que l’ouverture des portes a dû être différée d’une bonne heure pour cause de sécurité.
Des barrières dangereuses avaient été livrées. Les organisateurs ont donc par mesure de précaution, pris la sage décision de laisser le public attendre.

NEIMO, en ouverture de cette soirée, annonce défendre son premier album. Des parisiens "pas en vacances" aux dire du chanteur dont il est difficile d’apprécier les textes anglais à moins d’être parfaitement bilingue en revanche, la musique se boit comme du petit lait.
Le guitariste ayant adopté la coupe à la Steeve Vai des années 80 envoie de belles déferlantes quand au batteur, une pure merveille. Enserrés au mileu de leur instrument il sont rarement aussi présents et quel dommage se dit-on face à ce phénomène.
Ce gamin se donne comme les plus grands artistes reconnus après une grande carrière.
Sans complexes il dévoile une personnalité joviale et extravertie.Il prend plaisir et joue divinement bien. Facéties et autre chorégraphies accompagnent ce personnage qui communique son énergie positive.

A la question : « mais que faites vous pour décharger votre énergie quand vous ne jouez pas de la batterie » il répondra en souriant qu’il joue encore et que c’est ce qu’il aime. « La musique c’est ma passion, j’ai aussi des projets, peut être à la guitare »
Je souhaite aux amoureux de musique de le croiser un jour dans son milieu naturel parce que l’évidence est là, il joue comme il respire.

Une entracte pour permettre aux techniciens d’installer la grosse artillerie. Deux batteries, deux claviers, un DJ, une bass et une guitare électrique, plusieurs micros. Les gradins sont pris d’assaut et la fosse se remplit. Le public est calme. Un air frais vient balayer les têtes qui émergent de la foule. 21 h 50 une petite vague de cris qui s’éclate dans le silence qui suit, 21 h 56 deuxième tentative, la patience commence à atteindre la limite de l’extrême, puis quelques deux minutes après comme des contractions annonçant la délivrance un autre mouvement sonore. 22 h 10 la foule est plongée dans le noir, le groupe arrive et le chanteur dit en français..
« Merci, bonsoir..bonsoir » la courtoisie de l’effort qu’il fait de saluer son public dans la langue du coin est touchante.

JPEG - 13.9 ko
Une partie de Massive Attack

Dans le silence absolu, Massive attaque avec douceur, venant chercher un à un les membres du public. L’atmosphère s’installe et chacun occupe un espace où il danse, sourit ou chante.
Certains ne connaissent pas du tout et observent tantôt perplexes, tantôt conquis.
La magie de l’été des nuits de Juan et de la découverte en live d’une entité musicale ni plagiée ni pillée de son style.
Massive Attack c’est tout de suite du grand art, les tendances sont multiples. Plusieurs voix et personnalités s’enchaînent. Il y a dans leur musique un respect du moment et de celui qui prend la main. Usuellement dans un groupe conventionnel, c’est le chanteur qui centre l’attention comme un leader, puis il passe le relais aux musiciens selon le morceau pour un solo guitare ou une dominante au piano. Là c’est comme un tableau scénique dont l’attention dépend de l’angle de vue, tout le monde joue et s’accorde à laisser une place égale à l’autre.
Le temps passe vite lorsque l’on est en bonne compagnie et déjà il faut partir.

Même concept qu’au début. Il faudra faire la queue pour sortir, puis attendre dans la file pour payer le parking, puis pour sortir du parking et re-embouteillage. Rien de tout cela ne sera décompté au plaisir qui fut prit.

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message