Nice Jazz Festival : nostalgie malgré Rhoda Scott

Belle soirée au Nice Jazz Festival avec en ce qui nous concerne un formidable concert de Rhoda Scott très en forme avec ses trois jeunes musiciennes (dont deux françaises). Sur la scène du Théâtre de Verdure, à deux pas du kiosque de Maria, le personnage principal de ma prochaine pièce de théâtre (janvier), elle a conquis un public nombreux et enthousiaste par son talent et sa classe (annonces en français, "Que reste-t-il de nos amours" de Trenet en spécial dédicace). Après cela, il restait juste le temps d’aller coté podium Masséna découvrir General Elektriks les biens nommés tant leur énergie est communicative.

Mais quelles que soient les séductions de la soirée, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver un petit coup de nostalgie (voire, pour rester dans la note, de blues !) en imaginant par exemple ce que le concert de Rhoda aurait pu donner aux arènes de Cimiez, là où battait le véritable coeur du festival.

Il faut dire que j’étais en condition depuis la semaine dernière après m’être rendu à la librairie Masséna pour la dédicace de "Nice Jazz : histoire d’un festival" un magnifique livre album qui retrace l’épopée de cette manifestation mythique. Ce livre a trois co-auteurs de talent : mon ami Gilbert D’Alto, Frédérica Randrianome Karsenty, une de mes anciennes étudiantes (j’avais encadré son mémoire de master en InfoCom) et Daniel Chauvet. Pour ses textes courts et pertinents, ses interviews passionnantes et ses illustrations souvent très belles, je le recommande chaleureusement aux amoureux du Jazz et du Festival de Nice.

Mais attention, c’est une redoutable machine à remonter le temps capable de vous laminer sous des tonnes de nostalgie. Et de repenser à ces soirées douces ou chaudes, assis dans l’herbe de Cimiez, la tête dans les étoiles. D’où ma rechute hier soir.

Moi qui ai participé à de nombreuses commissions sur l’avenir du Festival en particulier sous l’ère Peyrat (grand amateur de New Orleans), je n’arrive pas à me faire à l’idée de vivre dans la même ville que ces riverains de Cimiez qui sont arrivés à persuader la municipalité que Miles Davis à 23 h une soirée de juillet était une pollution sonore insupportable.

Patrick Mottard

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