Le temps de balades : Coaraze

Dominant le Paillon de Contes, Coaraze est le village du soleil. Non, parce qu’il serait en un des points les plus rapprochés de l’astre diurne, mais ce surnom est dû au nombre des cadrans solaires ornant les façades des maisons de ce village.

Les Ligures et les Celtes habitèrent les lieux, puis les Romains y vinrent pour établir un relais sur la route de Cimiez à la Vésubie, voie passant par le col saint Michel. En 1108, un texte mentionne Cauda Rasa (bout rasé) origine du nom de ce village. En 1235, c’est le Castellum de Cauderase et Coarasa, lequel devient Cosarasa en 1240.

Ces nombreux noms, dont la racine est identique, s’expliquent par l’évolution de la langue, le latin laisse peu à peu la place aux idiomes et aux patois. Au XVI° siècle les actes administratifs sont faits en français et en toscan qui deviendra l’italien.

Coaraze est le fief des Châteauneuf puis des Chabaud. Un temps possession, en 1325, de Robert le Sage Comte de Provence, le fief passe aux Marchessan après 1388 et devient une baronnie le 2 mars 1629. En 1744, Coaraze est vassal de l’Infant d’Espagne jusqu’au traite d’Aix la Chapelle de 1748 où le territoire est rendu aux Savoie. C’est une époque troublée et avec la révolution vont s’illustrer les Barbets.

Après le rattachement de 1860, Coaraze comme la plupart des villes et villages du Comté de Nice, va profiter du progrès et des travaux d’infrastructure. C’est sous la troisième République, en 1875, que l’eau arrive à Coaraze, un an plus tard la route rompt l’isolement du village le reliant au littoral et à Nice.

Le patrimoine religieux est important : l’église Saint Jean Baptiste des XV° et XVII° siècles est ornée d’une myriade d’angelots, on a renoncé à les compter, tant ils sont nombreux ; la chapelle Saint Sébastien à l’entrée du bourg date du XVI° siècle ; la chapelle Bleue dédiée à Notre Dame de Piété est décorée de fresques de Ponce de Léon, œuvres de 1962. On évoquera le site de Roccasparvierra (Roc de l’épervier) fief des Riquier puis du comte de Provence. Le château est vendu en 1358 par la reine Jeanne à Pierre Marquesan seigneur de Coaraze. Roccasparvierra devint une baronnie, en 1629, le site est peu à peu abandonné par les habitants qui se partagent entre Coaraze et Duranus.

La reine Jeanne, selon la légende y trouva ses deux jumeaux assassinés, certains prétendent qu’on les lui servit à manger. Une autre légende parle de la queue du diable que l’on aurait coupé.

Coaraze et ses cadrans solaires, œuvres d’artistes comme Cocteau ou encore Goetz est un village pas comme les autres, il n’a pas cédé aux paillettes et épargné par les flux touristiques, il a conservé son âme, ce qui est l’essentiel.

Thierry Jan

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