Le temps de balades : Opio

Ce village est situé dans la vallée de la Brague et entouré de collines ne dépassant pas 400 mètres d’altitude pour la plus élevée. Depuis les Celtes et les Ligures, les lieux furent disputés par les Romains, les Barbares Ostrogoths et Wisigoths et les Sarrasins.

Opio retrouve une certaine sérénité à la fin du X° siècle en 973 avec Guillaume 1° de Provence chassant les Sarrasins de la Provence. Il est aidé de plusieurs seigneurs, dont pour Opio de Rodoard qui devient en récompense de sa participation seigneur d’Antibes.

Le nom du village connaitra plusieurs variantes, toutes évoquant la même racine, celle d’un Oppidum ou d’une place Forte. Rodoard est détenteur de ce fief et son fils Guillaume dit Gruette se retire en 1034 à l’abbaye de Lérins ; amenant une partie de son fief à Lérins. En 1110 l’évêque d’Antibes et l’Abbé de Lérins se querellent au sujet des terres et du bénéfice des églises. Les seigneurs d’Opio sont peu à peu dépouillés de leurs possessions. Le fief d’Opio s’étendait jusqu’à la mer et au port de Cannes ; son morcellement en 1138 le réduit à sa dimension et ses limites actuelles.

En 1244, le siège épiscopal d’Antibes passe à Grasse et l’évêché de la cité des parfums demeurera jusqu’à la révolution le seigneur du fief d’Opio. En 1631 Antoine Godeau est nommé seigneur d’Opio par Louis XIII, il sera consacré évêque de Grasse en 1636. Monseigneur Godeau visite plusieurs fois Opio entre 1640 et 1650, il demande que Saint Trophime soit honoré dans l’église paroissiale éponyme.

Cette église romane date du XII° siècle. Elle fut édifiée sur les fondations d’un temple de l’époque romaine, on peut y voir un retable, monseigneur Godeau avait été exaucé, du saint au-dessus du maître autel, l’église renferme également les reliques de sainte Floride patronne du village.

Opio obtint les libertés communales et la première réunion des consuls (conseil municipal) se fit le 8 novembre 1734. Le château des évêques date du XVII°, situé à côté de la mairie, il est aujourd’hui une propriété privée. Le visiteur ne manquera pas de descendre vers cette rivière, La Brague. Là un moulin du milieu du XIX° fonctionne toujours et produit l’huile d’olive, dont la production est une des principales activités d’Opio.

Nous ne pouvons quitter Opio sans évoquer deux hôtes de marques de ce village : le photographe Jacques Henri Lartigue et la femme de lettre Lady Fortescue, auteur britannique qui résida à Opio et y écrivit : Sunset House, elle est inhumée au cimetière d’Opio.

De la Restauration au début du XX° siècle, les curés organisaient des missions et l’on plantait dans les campagnes des croix de mission, le visiteur pourra en découvrir en foulant les chemins aux alentours de ce bourg. On y trouve également deux oratoires de 1634.

Opio s’est livré, nous a ouvert son livre d’histoire et l’on quitte ce village où l’attrait des paillettes et du paraître artificiel n’a pas faussé son âme, Opio est resté vrai.

Thierry Jan

Partager

à propos de l'auteur

Jane Doe

Aucune information sur l'auteur.

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message