Le temps des balades : Eze

Non, nous ne nous attarderons pas à la station balnéaire d’Eze où la mer pourtant nous invite à venir flâner et jouir de ses caresses iodées.

Nous allons emprunter le sentier Nietzche, où le célèbre philosophe allemand écrivit une grande partie de son Zarathoustra. Ce sentier muletier nous mène dans ce village, nid d’aigle et surtout point d’observation du littoral.

Arrivés à Eze village, nous découvrons très rapidement les traces de ses fortifications. Il nous faut passer sous un porche pour accéder au vieux bourg. Des ruelles souvent en escalier, on apprécie le plaisir de l’absence totale de voiture et ces calades nous entraînent allègrement au sommet du village où le panorama permet d’admirer la côte italienne avec le capo Nero de Bordighera et au-delà du rocher de Théoule, le cap Camarat et Saint Tropez.

La lumière transparente rend le paysage encore plus sublime et dans ce jardin exotique, nous pouvons contempler l’immense panel de la flore avec les plantes grasses explosant de leurs mille couleurs sur ce promontoire où le soleil est le maître des céans. Nous allons profiter de ce lieu de délices pour marquer une pause et feuilleter l’histoire d’Eze.

La voie Aurelia passait au-dessus du village, venant de la Turbie, elle poursuivait vers Forum Julii ou Fréjus. Il est inutile de rappeler les raisons pour lesquelles, les voies de communication de la Rome impériale évitaient les rivages, préférant l’intérieur des terres. Avisio, nom donné par Antonin, devient au milieu du XI° siècle, en 1062 : Esa, Isia puis au XIII° siècle Eze. C’est alors le fief des Riquier et des Blacas.

En 1351, Pierre Fighiera d’Eze rend l’hommage vassalique à la reine Jeanne. En 1414, les Savoie accordent l’autonomie communale et Eze devient un dépôt de sel. En 1534, Barberousse allié à François 1° assiège Eze.

Le village est une place forte du comté de Nice, attaqué par deux fois par les troupes de Louis XIV, en 1691 et 1706, la place forte est, comme celle de Nice, démantelée sur l’ordre de Louis XIV. Durant l’occupation espagnole de 1742 à 1748 Eze est ruiné par l’Infant Philippe. La révolution, l’empire, la restauration et le traité de Turin de 1860, Eze sera passé plusieurs fois de la France aux Savoie.

Le patrimoine religieux de ce village se compose de l’église paroissiale de Notre Dame de l’Assomption du XVIII° baroque et œuvre d’Antoine Spinelli ; de la chapelle des pénitents blancs de 1306 avec son Christ en bois sculpté de 1258, œuvre réalisée après une épidémie de peste ; la chapelle Saint Laurent d’Eze appartint du XVI° au XIX° à la famille Rossetto.

Le château d’Eza (ne pas confondre avec celui du XII° en ruine) fut la résidence du roi de Suède. Le plateau de la Justice était le Montfaucon des seigneurs d’Eze. Un petit détour par le cimetière nous permettra de venir rendre un hommage à un de nos grands acteurs, Francis Blanche repose ici, face à la mer.

Voilà évoquée en quelques lignes l’histoire d’Eze, on peut quitter ce jardin exotique créé en 1949.

On ne redescendra pas par le sentier Nietzche, mais on empruntera le pont enjambant un impressionnant vallon. Là une légende explique sa construction. Il fut lancé en une nuit par le diable. Le prix à payer était l’âme de la première personne qui franchirait ce viaduc. Le diable fut dupé, car c’est un chien qui le premier l’emprunta.

Thierry Jan

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