Les temps des balades : Saint Etienne de Tinée, une histoire d’eau

Saint Etienne outre ses nombreuses chapelles dont on avait déjà fait un reportage est aussi un village baigné par la Tinée et l’eau y a une longue, très longue histoire.

On évoquera tout d’abord les lacs qui enserrent ce village niché au fond de sa vallée : les lacs de Vens, Marie ou encore Ténibre. En 1927 on décida d’exploiter ces lacs afin de produire de l’électricité.

Une route fut tracée afin de faciliter l’accès aux matériaux de ce vaste chantier. Elle surplombait la vallée à 2300 mètres d’altitude. La deuxième guerre mondiale mit fin à ce projet. La route est devenue un sentier de randonnée et mènera les amoureux de balades en montagne au lac et crête des Barbarottes puis au refuge du lac de Rabuons à 2523 mètres. On reviendra par la forêt de Sélasse, dépaysement assuré.

Le village a ses fontaines et chacune a son histoire : celle de Bischoffsheim de 1898 qui amena l’eau dans le village, on citera aussi la fontaine Sainte Marie Madeleine au bord de l’Ardon, ruisseau capricieux qui lors d’une crue causa de nombreux dégâts à Saint Etienne en 1979. Le cours fut canalisé et couvert permettant de construire un parking, des tennis et la maison du parc du Mercantour. Le sentier de l’eau est une leçon de ‘choses’, on y apprend la flore, la faune et l’on découvrira avec intérêt cette curieuse roche qui pousse si on l’arrose !

En fait du tuf. Le saule des torrents ou arbre à aspirine pourra peut-être soigner les divers maux. Vous saurez tout sur le merle d’eau ou cincle plongeur (oiseau qui marche sous l’eau). Ce sentier très ludique amusera petits et grands. Des panneaux expliquent la vie des truites, des insectes d’eau et d’une flore riche et variée.

Ce parcours décline l’eau sous toutes ses formes et utilisations. L’histoire du moulin de Jean Emeric édifié en 1870 vous est contée. Sa fille Joséphine Brun fut la dernière meunière de Saint Etienne. La roue avait tournée et ce métier qui ignorait les heures et les journées de repos, très loin des 35 heures, fut abandonné.

Jadis chacun menait moudre son blé, pétrissait son pain et le menait au four communal. La Tinée, pourtant, continue à courir vers le Var et la mer, elle est toujours impétueuse et son chant entre les rochers polis est la symphonie jamais achevée de ce village du haut pays niçois.

Thierry Jan

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