Dossier Nice Premium : Le bien-être est synonyme de richesse ou est-il mieux ?

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Encore qu’il faut convenir que celui matériel est à la base de tout ( primum vivere, deinde philosophare, nous rappellent les anciens par leur sagesse), les réflexions nous portent à dire qu’il y a aussi une ensemble de déclinations possibles qui donnent a ce mot sa pleine signification.

Il s’agit donc de considérer avec les aspects économiques, ceux de nature politique et sociale ; ceux qui regardent les problématiques environnementales et de la santé ; du style de vie d’une collectivité ou de la simple personne.

L’index-roi de toute discussion politique et économique, le PNB (qui rappelons-le, mesure la valeur de la production des biens et services pendant une durée déterminée) n’est pas ou plus seul critère qui peut déterminer si nous pouvons être satisfaits ou pas (individuellement ou collectivement) de notre sort ?

Bien sûr, le PNB est très utile, voir indispensable pour toute analyse de politique économique mais...il y a toujours des limites a tout index !

D’ailleurs, le père même du PNB, Simon Kuznets (américain, prix Nobel d’économie), disait devant le Congrès des Etats-Unis (et on était en 1934) que ’ le bien-être d’une Nation ne peut pas être confiné à un index qui mesure le seul revenu national’.

D’autre part on doit convenir que le calcul du PNB ne tient pas compte des biens et services qui n’ont pas une valeur de marché et ne calcule pas les externalités négatives pas plus que les coûts qui dérivent des activités productives, tels la pollution, l’exploitation des ressources au delà des capacités naturelles de remplacement, les pertes de la biodiversité ; outre à ne pas considérer non plus la qualité des dépenses publiques.

Depuis les index généraux ou globaux qui essaient de prendre en considération d’autres indicateurs pour aller au delà du simple ’chiffre d’affaire’ national (tel qu’est en quelque sort le PNB) ont vu le jour et alimenté les discussions entre scientifiques sur leur valeur et ont été diversement utilisés par les décideurs politiques toujours prêts à s’approprier de tout ce qui pourrait conforter leur action.
On en recense à ce jour une dizaine qui ont une notoriété internationale ce qui explique comme ce terrain de jeu soit plutôt encombré de joueurs et que chacun peut revendiquer da part de vérité !

Mais voici la dernière nouveauté en matière qui est le fruit d’un travail à plusieurs mains et conforté par un Advisory Board de standing international et dont les personnalités qui en font partie s’appellent :
Mario Monti, économiste et ancien Commissaire européen,
Jean-Paul Fitousssi économiste français, professeur et président du Conseil Scientifique à IEP Paris et président de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques
Joseph Sassoon et Claude Fischler, sociologues
Barbara Buchner de l’International Energy Agency
Umberto Veronesi, président de l’Institut Européen de Oncologie et ancien Ministre de la Santé du Gouvernement italien
Camillo Ricordi, University of Miami, USA
Gabriele Riccardi, Société italienne de Diabétologie

Il s’agit d’un index (BCFN) qui se veut complet parce que multidisciplinaire et que il prend en compte plusieurs secteurs : la qualité de la vie des personnes, l’environnement et, bien sûr mais pas exclusivement, l’économie.

Quelques considérations de base pour bien comprendre la logique la recherche :

> La richesse collective et individuelle a une valeur si elle est source de bien-être des personnes
> Il ne faut jamais oublier qu’il n’existe pas ’une’ seule définition de ’bien-être’
> La prise en compte du plus grand nombre de facteurs ne peut que rendre plus complet et fiable un index
> Qu’il existe et il convient de considérer les facteurs objectifs et ceux qui sont subjectifs
> Qu’il existe et on ne peut pas annuler le gap entre la mesure, qui est objective par définition, et la perception qui elle, par contre, est subjective
> Qu’il n’y a pas une analyse sans points de criticité

La méthode de la recherche est basée sur tableau de bord de 41 kpi (key performance indicators/ indicateurs de résultat)) regroupés en 3 sub-index et puis en 1 index général.

Les trois sub-index sont :

a) richesse et sustenabilitè ( life-style) : revenus, investissements, patrimoines, qualité de l’environnement
qui pèse le 35% du résultat global

b) qualité de la vie interperson ( wealth/ sustainability) :
comportement psycho-physique, santé, alimentation/nutrition
qui pèse le 35% du résultat final

c) qualité du tissu social (social/interpersonnel) :
éducation/scolarité, welfare, famille, société, institutions, démocratie, et libertés individuelles politique
qui pèse le 30% du résultat final

Le périmètre de la recherche a intéressé les 10 Pays suivants :

3 de l’Europe méditerranéenne (Italie, Espagne, Grèce)
2 de l’Europe continentale (France et Allemagne)
2 de la Scandinavie (Suède et Danemark)
+ Le Royaume-Uni
+ Les Etats-Unis
+ Le Japon

°la Chine, qui bien évidemment aurait mérité d’être comprise, a été exclue par manque de fiabilité de certains indicateurs sociaux

La notation des 41 kpi a été faite sur max 10.

Et voici le résultat final et les partiels entre parenthèse avec la meilleure note en majuscule :

Suède 7,23 a) 7,64 ; b) 6,64 ; c) 7,43
Danemark 6,88 A) 7,78 ; b) 4,88 ; C) 8,16
Japon 6,61 a) 6,44 ; B) 7,97 ; c) 5,22
FRANCE 5,90 a) 6,56 ; b) 6,24 ; c) 4,73
R.U. /U.K. 5,81 a) 6,19 ; b) 5,53 ; c) 5,69
Allemagne 5,57 a) 5,69 ; b) 5,54 ; c) 5,46
Italie 4,85 a) 5,42 ; b) 6,10 ; c) 2,73
Espagne 4,51 a) 4,11 ; b) 6,10 ; c) 3,11
E.U/USA 3,88 a) 4,07 ; b) 3,24 ; c) 4,39
Grèce 3,29 a) 2,61 ; b) 4,65 ; c) 2,51

En conclusion : nous ne pouvons qu’apprécier l’approche méthodologique multidisciplinaire de la recherche et l’originalité de la construction de l’index BCFN qu’on pourrait mieux définir comme une plateforme ouverte (open platform) et se réfère ,au moins intellectuellement, aux travaux du groupe de travail dirigé par les professeurs Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi et ayant pour titre ’ Measurement of Economics Performances et Social Progress / Mesure des Résultats Economiques et du Progrès Social) porté à l’attention du Président Sarkozy lors de sa période de Présidence de le l’Union Européenne (2008).

Si pour les économistes cette étude sera l’occasion pour des nouvelles discussions et confrontations intellectuelles, l’utilité pour les décideurs politiques vient de la considération que ’ce qui est possible mesurer ne peut qu’influencer nos actions’.

Et finalement que toute décision de politique d’économique devrait avoir, comme perspective, un monde meilleur !

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Jane Doe

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