Don Carlo, le grand retour au théâtre Carlo Felice

« Don Carlo », opéra le plus monumental de Verdi, fait son retour au théâtre Carlo Felice de Gênes après 16 années d’absence. Synthèse d’une romance réelle, ombre de la courte histoire espagnole de Philippe II, la grandeur et la puissance de cet œuvre sont le fruit de la réélaboration romantique de l’esprit sturm und drang de Schiller.

Dans la réalité historique du règne de Philippe II, marqué d’une lourde hérédité (l’Empire sur lequel le soleil ne se couche pas, laissée de son père Charles V, partagée avec son frère Ferdinand), fut pleine d’ombre et de lumières : le grand chef fut très actif dans des guerres orgueilleuses et dispendieuses ; parmi les figures historiquement plongées dans l’obscurité, c’est certainement celle de Don Carlo, prince des Asturies, mort célibataire, sans descendance à 23 ans, né en 1545 d’un premier mariage de Philippe II avec la cousine Marie Emmanuelle d’Aviz. Peut-être atteint de troubles mentaux, le prince des Asturies allait ainsi à l’encontre d’un destin triste, mort probablement de dysenterie après avoir été séquestré par son père, le Roi.

En 1672, grâce à l’Abbé César Vichard de Saint-Réal (Chambéry, 1639 – Chambéry, 1692) écrivain français, parmi les premiers auteurs de romans historiques, fit naitre la légende de Don Carlo. Friedrich Schiller, en prenant les aspects passionnels, éthiques, spirituels et humains de la narration, en fait le livret d’opéra, pour la première fois représentée à Hambourg en 1787. Si à l’origine la pièce est divisée en 5 actes, sa version italienne de 1884 (Milan, Teatro alla Scala) est divisée en 4 actes, où on a ajouté le premier rendez-vous dans la forêt de Fontainebleau grâce auquel commencera une impossible promesse d’amour entre Don Carlo et Elisabeth de Valois, qui deviendra la troisième femme de l’empereur Philippe.

L’importance de l’œuvre est due, peut-être, à l’espace imposant réservé à l’analyse intérieure des personnages : l’extrême passion de Carlo qui est partagée par Elisabeth. La jalousie et le désir de se venger de la princesse Eboli, elle aussi amoureuse de Carlo. L’ami fidèle Rodrigue qui essaye en vain de sauver le prince et le destin des Flandres Calvinistes. Le doute humain du roi obligé à condamner son fils, pour respecter l’ordre du Grand Inquisiteur, le personnage le plus important dans l’œuvre (avec le fantôme du défunt empereur Carlo V) et le peuple fanatique qui ne fait que détruire les espoirs et les sentiments de chaque individu.

La puissance de la partition de Verdi aux moments les plus importants avec de splendides duo et avec un mémorable trio dans le troisième acte, avec des moments mélodiques caractérisés par un goût dramatique ou un désir romantique. Dans la mise en scène au Théâtre Carlo Felice, le bas Riccardo Zanellato (Filippo II), le baryton Franco Vassallo (Rodrigo) et le ténor Aquiles Machado (Carlo), se sont distingués pour leurs merveilleuses interprétations. Il y a eu une régie très attentive à préserver les aspects allégoriques, au respect des costumes de scène, aux éléments scéniques en marbre : une reprise incontestable et prenante de l’œuvre la plus importante du corpus de Verdi.

crédit photos Théâtre Carlo Felice de Gênes

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à propos de l'auteur

Don Carlo, le grand retour au théâtre Carlo Felice

Né à Gênes en 1975, Bac au lycée scientifique, élévé au Conservatoire N. Paganini, Master en Philosophie, du 1996 au 2006 collaborateur et organisateur de l’Association culturale Centro Ricerche Scienze Umane, rédacteur du 1999 au 2006 du Magazine culturel Il Cormorano, collaborateur et rédacteur de l’Association Lacanienne Internationale du 1999

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Jane Doe

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