La contrefaçon se saisit d’Internet pour duper le consommateur

Jeudi 16 juillet, lancement de la 12e campagne de sensibilisation estivale à la lutte anti-contrefaçon. Réunis à l'Opéra de Nice, responsables politiques, judiciaires et associatifs ont exposé les conséquences de ce fléau et les moyens de le combattre. En insistant sur deux points : le danger que représente le web et les dégâts autant humains qu'économiques.

8,8 millions d’articles saisis (hors cigarettes) en France en 2014, soit 15,7% d’augmentation par rapport à 2013. Plus d’un million et demi provenaient du commerce par Internet. C’est le constat dressé par l’Union des Fabricants (Unifab). L’association regroupe plus de 200 entreprises et se bat contre la contrefaçon, activité illicite "qui s’est mondialisée et industrialisée" selon le Vice-Président d’Unifab, Philippe Lacoste.

Le danger concerne aussi bien le secteur automobile que le textile ou la cosmétique. Et Internet en est en partie responsable. Les internautes n’hésitent pas à faire leurs achats devant l’ordinateur, entre vêtements, jouets et alimentation. Marie-Catherine Kuntz Pinguet, directrice régionale des Douanes de Nice, montre des médicaments issus du e-commerce saisis entre avril et juin 2015. "Ils étaient sans notice, sans contre-indications et emballés parfois dans du plastique" détaille-t-elle. Elle insiste sur le côté pervers de cette pratique qui ne se préoccupe nullement du consommateur : "Le seul objectif des contrefacteurs, c’est le profit".

Dans ce contexte, le Général David Galtier, de la Gendarmerie nationale, place la contrefaçon dans le secteur de la criminalité organisée. Le combat contre ce qu’il appelle le "fléau des temps modernes" passe par deux leviers. La sensibilisation auprès des habitants et des touristes, comme sur les plages de la Turbie les 10 et 11 juillet derniers ; Par la lutte sur le web également. Le pôle judiciaire de Cergy-Pontoise centralise les affaires traitant de la cybercriminalité, "un axe de travail qui doit être développé" déclare-t-il. Des opérations ont déjà été effectuées, comme avec la saisie de l’argent des contrefacteurs : plus de 20 millions d’euros récupérés par les 450 enquêteurs qui s’attellent à ce secteur criminel.

"Autant de chances de se faire berner en voulant faire une bonne affaire" (M. Lacoste)

Si les autorités judiciaires représentent la force principale pour arrêter les criminels, le consommateur doit faire sa part du travail. Le premier adjoint au Maire de Nice, Philippe Pradal, fait ainsi appel "au sens des responsabilités" de chacun. Comprenez : la recherche du prix le plus avantageux ne doit pas se faire au détriment de sa santé ou de sa vie, comme avec une plaquette de freins à bas coût mais défectueuse. Il en profite pour indiquer la mise en place d’une brigade estivale de 200 agents, en plus des forces présentes. Philippe Lacoste vante lui les campagnes de sensibilisation qui permettent "d’éduquer et de faire comprendre les dangers potentiels" sur la santé, mais aussi sur l’économie.

La contrefaçon fait du mal aux industries, le manque à gagner est considérable. Plus de 6 milliards d’euros ne sont pas rentrés dans les caisses de l’Etat en 2014. Localement, la vente à la sauvette à Nice est désormais un délit. Alors que Grasse est la capitale du parfum, ce marché n’est pas épargné. Mme Krutz Pinguet met en garde contre "les toxines dispersées dans certains flacons" et promeut un patrimoine à conserver. Pour protéger les entreprises et leur capacité d’innover, l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) s’engage dans cette lutte en utilisant les nouvelles technologies (Internet, impression 3D). Son responsable, Eric Catapano, aborde d’autres outils tels que la possibilité, avec la loi du 4 juin 2014, de déposer les données géographiques des produits manufacturés sur le site de l’INPI. Cela conduit à valoriser le patrimoine et le savoir-faire des entreprises.

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