Coupe du Monde : duel fratricide entre la France et la Belgique

La France va affronter la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde, ce mardi à 20h. Un match qui promet de faire des étincelles, car nos voisins du plat pays ont, eux aussi, de solides arguments à faire valoir.

Comme deux gouttes d’eau. France-Belgique, Belgique-France, bonnet blanc et blanc bonnet. Ce mardi à Saint-Pétersbourg, les Bleus vont affronter la sélection qui leur ressemble le plus. Au-delà des connexions évidentes entre des joueurs qui se connaissent par cœur, au-delà des parcours croisés de chacun, ce sont surtout deux équipes qui ont buté sur les mêmes obstacles, couvé les mêmes ambitions pour se retrouver au même endroit, à la même heure.

En remontant le fil de leur histoire récente, les deux sélections actuelles ont le même acte de naissance : la Coupe du monde 2014. La France sortait du traumatisme Knysna et la Belgique de 14 ans d’absence dans les grandes compétitions internationales. Mais c’était encore trop tôt pour elles. La France de Pogba, Varane et Griezmann sort en quart de finale sans trop y croire. Un but d’Hummels dès la 12e minute, pas de révolte : le tournoi est réussi mais il s’arrête là. La Belgique d’Hazard, De Bruyne et Lukaku s’incline en quart de finale sans combattre. Un but d’Higuain dès la 8e minute, pas de révolte : le tournoi est une belle promesse mais il s’arrête là.

Les deux nations sont alors portées par une nouvelle génération mais leurs épaules ne sont pas encore assez larges pour épouser le costume qui leur semble déjà destiné. La France va s’affirmer jusqu’à la finale de l’Euro quand son voisin s’arrêtera brutalement en quart de finale face au Pays de Galles. Les deux cousins vont patienter, faire éclore de nouveaux talents : Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Samuel Umtiti, Yannick Ferreira-Carrasco, Michy Batshuayi. Des Diables Rouges ou Bleus.

Comme les Bleus, les joueurs belges figurent tous ou presque dans les meilleurs clubs du monde, surtout anglais, et y jouent un rôle prépondérant. Comme les Bleus, ils ont fini par s’emparer du pouvoir en sélection parce qu’il ne pouvait pas en être autrement. Pogba et Hazard ont mis du temps avant de prendre le même volume en sélection qu’en club et ce Mondial couronne leur avènement international.

Belgique et France ont tracé de tels parallèles que l’issue de cette demi-finale si indécise aura les mêmes conséquences. Le vaincu échangera sa génération dorée en génération frustration. Parce qu’en deux ans, la France sera passée deux fois à côté d’un titre qui semblait lui tendre les bras. Parce que la Belgique vit en Russie sa dernière compétition avant les retraites probables de Kompany, Vermaelen, Vertonghen, Fellaini et Mertens. La plus belle génération du football belge rentrera fanny au pays, sans titre. Voilà sans doute ce qui différencie les deux voisins : l’urgence est belge. Pour le reste, ce sont deux reflets d’un visage presqu’en tout point identique.

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Jane Doe

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